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Le cinéma français sous l’Occupation (1939-1945) |
Contrairement à d’autres pays, la France ne vit pas ses activités cinématographiques suspendues pendant la Seconde Guerre mondiale. Au contraire, la production et l’exploitation connurent une certaine prospérité, et de nombreux cinéastes purent réaliser des films d’un intérêt certain, même dans la zone contrôlée par les Allemands. Quelques grands cinéastes — Clair, Renoir, Duvivier — avaient émigré, de même que plusieurs vedettes (Gabin, Jouvet, Michèle Morgan). Une société allemande, la Continental, dont les enjeux étaient purement distractifs, fit travailler des cinéastes dont beaucoup furent par ailleurs des résistants, et c’est à cette époque que débutèrent Louis Daquin, André Cayatte, Henri-Georges Clouzot, Jacques Becker, Yves Allégret. Les films français, bénéficiant de l’absence totale de films anglais et américains, remportaient de vifs succès en se tenant à l’écart des graves problèmes du moment — sous réserve de quelques allusions voilées. Les œuvres majeures de cette époque restent Lumière d’été, de Jean Grémillon, le Corbeau, de Clouzot, Goupi Mains rouges, de Becker, Douce, de Claude Autant-Lara, tous datés de 1943 et qui seront suivis des Enfants du paradis (1945), tourné dans les studios de Nice par Marcel Carné.
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