français, cinéma
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8. Un cinéma engagé

Le mouvement de 1968 a été déterminant pour Godard comme pour la création et la diffusion cinématographiques dans leur ensemble. Un cinéma militant fonctionna quelque temps, qui eut une certaine influence sur le cinéma de grande consommation. Ainsi, Costa-Gavras, qui réalisa Z en 1969, s’illustra dans une série de « fictions de gauche » qui encouragea d’autres œuvres engagées, généralement plus schématiques que ce qui se faisait en Italie à la même époque. L’esprit du temps suscita néanmoins des films à contenu historique ou social souvent réussis, sous la direction d’un René Allio (les Camisards, en 1972, ou Moi, Pierre Rivière... en 1976), d’un Bertrand Tavernier (Que la fête commence, 1975), d’un Frank Cassenti (l’Affiche rouge, 1976), d’un Resnais (Stavisky, 1974). Les documentaristes n’étaient pas en reste, en particulier Chris Marker, engagé dans le mouvement social, Marcel Ophuls, et Raymond Depardon, qui signe son premier long métrage en 1974.

Les films de genre ont longtemps occupé le terrain. Le cinéma français a produit beaucoup de films policiers, longtemps le style de prédilection d’Alain Corneau. Les comédies étaient — et sont toujours — les références les plus prisées des producteurs et des spectateurs. Ainsi, dans les années soixante-dix et quatre-vingt, les noms d’Yves Robert et de Gérard Oury, dans des styles différents, représentaient des garanties de recettes régulières, spéculant toujours sur des vedettes très typées : Bourvil, de Funès, Pierre Richard — aujourd’hui leur ont succédé des acteurs plus jeunes issus du café-théâtre, souvent dirigés par Jean-Marie Poiré.

À l’écart des genres constitués, des œuvres singulières trouvèrent place dans un système français qui favorisait la diffusion de films d’auteurs, grâce notamment à un bon réseau de salles de cinéma de qualité dites « d’art et essai » : films de l’écrivain Marguerite Duras, de René Allio, de Jean Eustache et premiers films de Maurice Pialat. Parfois, le succès dépassait les espérances : la Maman et la Putain, en 1973, de Jean Eustache (décédé en 1981 sans avoir retrouvé une même audience).