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effets spéciaux
1. Présentation

effets spéciaux, en cinéma, expression désignant les techniques qui permettent de créer ou de modifier artificiellement des objets ou des personnages.

2. Effets mécaniques

Les effets spéciaux peuvent être divisés en plusieurs catégories. Les plus simples sont les « effets mécaniques ». Ils comprennent tout ce qui est physiquement créé sur le plateau, alors que la scène est filmée normalement : ainsi utilise-t-on des maquettes pour les explosions, les murs qui s’effondrent, les coups de fusils. De tels effets remontent au tout début du cinéma et certains étaient empruntés à des spectacles joués dans les théâtres.

3. Effets d’optique

La seconde catégorie est constituée des effets d’optique. Ils comprennent toutes les déformations cinématographiques qui peuvent être effectuées avec une caméra ou par un traitement spécial du film à certaines étapes de son exposition. La plus simple de ces techniques est la surimpression, qui se compose de deux images superposées sur un seul négatif. Si l’effet est réalisé en imprimant deux négatifs à la suite sur une seule photo, il s’agit de la technique de la « double impression ». Il existe d’autres effets d’optique, tels que les fondus, les fondus enchaînés et les iris. Dans les fondus en fermeture, l’image s’assombrit peu à peu, jusqu’à ce que le cadre devienne complètement noir. Le fondu en ouverture se fait en sens contraire. Les fondus peuvent être réalisés par la caméra en fermant et en ouvrant le diaphragme ou en fermant et en ouvrant l’interstice de l’obturateur situé devant le film dans la caméra. Dans les fondus enchaînés, on réalise un fondu en ouverture puis en fermeture et, après avoir rembobiné le film sur la durée du fondu en fermeture, on tourne une nouvelle prise. La deuxième image apparaît alors à travers la première. Dans les « wipes » (ou volets), une image se substitue progressivement à une autre par un jeu sur la ligne de séparation mobile.

Tous ces effets furent empruntés à la photographie ou aux techniques de lanterne magique, dès les premières années du cinéma. Les mouvements à reculons furent aussi obtenus à partir de 1899 en passant le film à l’envers. Mais aujourd’hui, ces effets, qui existent toujours, sont réalisés grâce à une imprimante optique. Ce mécanisme séparant le négatif du film positif ne les laisse pas en contact pendant l’impression. Le négatif est projeté image par image par un système d’objectif afin de découvrir la surface de l’image pour réaliser la pose. Cela laisse la place pour les différents caches ou filtres qui seront introduits entre les deux films pour transformer l’image dans le sens voulu.

4. Effets au montage

La technique qui consiste à faire apparaître ou disparaître les objets ou à les transformer, en arrêtant la caméra et en les remplaçant par un autre objet, puis en tournant à nouveau et en collant les deux morceaux de films ensemble de façon invisible, remonte également au tout début du cinéma. Ce procédé fut d’abord réalisé par la compagnie Edison dans le film The Execution of Mary, Queen of Scots (1895), mais il fut souvent associé à Georges Méliès, qui l’utilisa dans ses films fantastiques.

5. Les caches

À la base, un cache noir (en anglais : « matte ») est placé devant l’objectif, ou à l’intérieur de la caméra, pour masquer une partie de la scène qui est filmée. Une autre scène est alors filmée sur la surface du cadre qui était masquée en utilisant un contre-cache. Celui-ci couvre exactement la surface qui a été masquée pour la première exposition. De tels effets remontent aux débuts du cinéma. Ils permettent de multiplier un même personnage (ou acteur) sur le même plan ou d’introduire un élément extérieur au décor d’origine.

6. Travelling Matte (ou cache-mobile)

Pour filmer un acteur en mouvement devant un arrière-plan également en mouvement tourné séparément, on a perfectionné les caches en travelling matte. Avec ce système, les acteurs en mouvement sont filmés devant un écran vierge de couleur appropriée. Puis, l’image de l’acteur est utilisée pour créer une silhouette mobile qui peut masquer une partie de l’arrière-plan déjà filmé lorsque les deux plans sont finalement assemblés lors du montage. Dans les films en couleurs, on utilise généralement un écran bleu que l’on place derrière les acteurs.

Pour réaliser le même effet, on utilisait dans les années 1930 et 1940 un procédé plus simple qui était la transparence ou background projection (rétroprojection). Avec ce système, les scènes d’arrière-plan devaient être filmées d’abord, puis projetées sur un écran translucide à l’aide d’un projecteur spécifique, synchronisé avec la caméra qui filmait les acteurs jouant devant le décor ainsi fourni. Depuis 1969, on utilise une autre méthode : la projection frontale, qui permet aux acteurs d’évoluer devant un écran spécial (fait d’une matière nommée Scotchlite) dont les particularités permettent aux seuls rayons lumineux utiles d’être réfléchis vers l’objectif.

7. Infographie

Au cours des dernières années, les progrès les plus importants sont dus à l’ordinateur, qui a pu maîtriser tous les mouvements de la caméra, et à l’utilisation de plus en plus importante de l’animation par Infographie.

L’utilisation d’images générées par ordinateur dans les longs-métrages s’est considérablement développée ces dernières années ; elles ont profité de l’augmentation de la puissance des ordinateurs. L’animation par ordinateur est généralement réalisée en modélisant des objets qui sont ensuite animés, en déterminant leurs contours numériquement en trois dimensions et en déterminant les trajectoires qu’ils sont supposés suivre. Un programme calcule ensuite la superficie qu’occupera la maquette sur chaque image du film. La superficie est ensuite dessinée et colorée (« rendu de couleurs ») de la façon dont elle apparaîtrait sous un éclairage correct dans la séquence. Le résultat est ensuite visualisé sur l’écran de l’ordinateur. L’image est transférée vers le film en utilisant les chiffres correspondant à la couleur de chaque point afin de diriger la lumière laser appropriée qui est scannée sur chaque image du négatif afin de produire l’image finale que l’on verra dans le film.

L’Infographie est également utilisée dans le tournage d’effets spéciaux, afin de modifier des images filmées, par exemple pour enlever les traces de fils utilisés pour suspendre des maquettes. Dans ce cas, le film qui a été tourné est scanné, image par image, en images numériques dans l’ordinateur. Puis un logiciel de retouche d’image classique modifie l’image de la façon désirée. Finalement, l’image modifiée est transférée sur film de la même façon que pour l’animation par ordinateur.