Grand Siècle
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Grand Siècle
3. Le Grand Siècle de l’absolutisme

De la mort de Louis XIII (1643) au gouvernement direct de Louis XIV (1661), la gestion de la France est détenue par la reine-mère, Anne d’Autriche, et par son principal conseiller, le cardinal Mazarin. Durant les premiers temps de la régence, ils ont dû faire face à une série de révoltes remettant en cause l’autorité royale (la Fronde), et ont conclu la guerre de Trente Ans. En outre, ils ont négocié le mariage de Louis avec sa cousine, l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, lors du traité des Pyrénées (1659), qui permet en outre le rattachement à la Couronne de l’Artois et du Roussillon et fait du royaume de France la première puissance européenne.

À la mort de Mazarin, en 1661, le premier acte politique de Louis XIV, alors âgé de vingt-deux ans, est l’arrestation du prestigieux surintendant des Finances, Nicolas Fouquet, qui semble porter ombrage au roi. Supprimant la fonction de ministre principal et présidant en personne les Conseils royaux, le souverain affirme ainsi son autorité et établit son style de gouvernement. Ses ministres, désormais recrutés au sein de la haute bourgeoisie, sont cantonnés au rôle de conseillers ou d’exécutants. Marqué par le souvenir de la Fronde, Louis XIV recherche l’ordre en son royaume et souhaite diriger autant que régner. S’érigeant en roi de droit divin et concentrant tous les pouvoirs entre ses mains, il instaure un absolutisme triomphant, jusqu’alors inégalé.

Les premières années du gouvernement personnel sont consacrées à la mise en œuvre de la politique de Jean-Baptiste Colbert : réorganisation commerciale, financière, industrielle et navale de la France. Aux côtés de la fonction judiciaire (base du pouvoir royal traditionnel), les fonctions administratives et fiscales prennent une importance accrue. Avec l’aide de Colbert, d’Hugues de Lionne et de Michel Le Tellier, Louis XIV établit la ferme autorité de la Couronne sur le royaume de France. Dès 1665, il ordonne au Parlement d’enregistrer les édits royaux sans débats. Une police efficace est créée et la capitale, à l’aspect encore médiéval, devient progressivement une élégante cité. En province, l’exécution des décisions royales est confiée aux intendants et aux officiers.

En une période de stagnation économique, la politique mercantiliste de Colbert (exporter des produits pour engranger des métaux précieux) a un succès mitigé. Toutefois, le contrôleur général des Finances double les revenus royaux en dix ans, notamment en fondant une Ferme générale pour toutes les contributions, en augmentant le rendement de la taille et en réorganisant l’administration. La création de manufactures d’État (tels les Gobelins), les taxes aux importations de produits finis et le développement de grandes compagnies (Compagnie des Indes orientales, des Indes occidentales) illustrent sa politique dirigiste et centralisatrice.