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| 4. | Le Grand Siècle de l’Europe |
Cet afflux de capitaux permet à Louis XIV de mener une politique étrangère ambitieuse. Les premières guerres, celles de Dévolution (1667-1668) et de Hollande (1672-1678), lui permettent d’annexer de nombreuses places fortes ainsi que la Franche-Comté. En 1679, au terme de la signature des traités de Nimègue, Louis XIV apparaît comme le maître incontesté de l’Europe et reçoit de Paris le titre de Louis le Grand : c’est alors l’apogée de son règne.
Au cours de la décennie suivante, Louis XIV perpétue sa politique belliqueuse. Roi gallican, il entre alors en conflit avec le pape Innocent IX sur la question du droit de régale (1673-1693). Le milieu des années 1680 marque un tournant dans le règne du Roi-Soleil et le début d’un épuisement irréversible de l’énergie et de la richesse de la France.
La révocation de l’édit de Nantes, en octobre 1685, est le premier signe de ce déclin. Les huguenots se voyant privés de la tolérance religieuse accordée par feu Henri IV, c’est par dizaines de milliers, parmi les plus industrieux du pays, qu’ils s’exilent vers les États protestants. Les conséquences diplomatiques de la révocation sont tout aussi désastreuses puisque la France s’aliène les États réformés sur lesquels repose son système d’alliances. C’est dans ce contexte que Louis XIV déclenche la guerre de la ligue d’Augsbourg (1688-1697), contre la coalition européenne formée par Guillaume III d’Angleterre. Elle est conclue par une paix honorable, qui met cependant fin à la politique expansionniste de la France, avec les traités de Ryswick.
Beaucoup plus catastrophique est la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), provoquée par l’accession au trône ibérique de Philippe V, petit-fils de Louis XIV. Après quelques premiers succès (1701-1704), la France subit une série de revers : même si le nord du royaume est envahi, Louis XIV ne peut consentir à la paix devant les conditions humiliantes qui lui sont imposées. Seule la volonté britannique d’équilibre des forces en Europe permet la conclusion des traités d’Utrecht (11 avril 1713) et de Bâle (6 mars 1714).
De fait, l’incessante politique guerrière de Louis XIV a provoqué la faillite de l’économie française et une augmentation drastique des impôts, aggravées par deux grandes famines (1693-1694 et 1709-1710). À la mort de Louis XIV, en 1715, le pays est largement endetté, les réformes de Colbert sont anéanties et une première opposition aristocratique à l’absolutisme voit le jour, notamment avec François Fénelon, le duc de Saint-Simon et le duc de Beauvillier.