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| 3. | L’ère des studios |
Avec l’avènement du parlant, la plupart de ces studios fermèrent ou s’agrandirent ; Calcutta assista à l’union des anciens studios de l’époque du muet — l’Indian Kinema, le Barua Pics (son propriétaire, P. C. Barua, fut l’un des plus célèbres réalisateurs de l’Inde) et les British Dominion Films —, qui donnèrent naissance au studio sans doute le plus en vue de l’histoire du cinéma indien : le New Theatre (fondé en 1931). Ce studio, avec la Prabhat Film Company établie à Pune (qui, en 1929, à partir du tournage des traditions de Kolhapur, créées à l’origine par le peintre Baburao, avait développé des films historiques de Maratha et des mythologies de Mahabharata, créées à la Maharashtra Film Company), la Bombay Talkies (fondée en 1934), la Sagar Film Company (fondée en 1930, branche de l’Imperial studio) et la Wadia Movietone (fondée en 1933), furent les leaders de ce qui fut défini comme « l’époque des studios », période qui se situe après l’avènement du parlant et avant le début de la Première Guerre mondiale. Les premiers films indiens, tournés en langues tamil et télougou, furent réalisés soit à Bombay, soit à Calcutta. Vers les années 1940, d’importants studios furent construits à Madras, Coimbatore, Salem et Mysore-Bangalore.
Cette « ère des studios » fut celle où l’on réalisa les plus spectaculaires mélodrames jamais tournés en Inde. La plupart des thèmes de référence trouvèrent leur inspiration dans la littérature sociale, dans la saga du mouvement nationaliste et dans le théâtre réaliste. Les personnalités importantes du cinéma indien telles que V. Shantaram (l’Inattendu, Kunku, 1937), Barua (Devdas, 1935), Debaki Bose (Vidyapati, 1937), B. N. Reddi (Swargaseema, 1945) et B. R. Panthulu (le Maître d’école, 1958), établirent à cette époque, non seulement les fondements du style cinématographique indien tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais aussi ceux de la modernité culturelle, des idéologies du néotraditionalisme et de la classe moyenne citadine.