| américain, cinéma | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 6. | Contestation, engagement et éclatement des tendances (années 1960 et 1970) |
| 1. | Un cinéma « libéré » |
Les années 1960 sont inaugurées par quelques œuvres de facture « classique », réminiscences d’un cinéma d’une époque révolue, telles que Psychose (Psycho, 1960) d’Alfred Hitchcock, My Fair Lady (1963) de George Cukor ou encore Docteur Jivago (Doctor Zhivago, 1966) de David Lean. Toutefois un nouveau public de cinéma fait son apparition ; cette population jeune, d’un niveau culturel plus élevé, ne se reconnaît plus dans la production cinématographique qui lui est proposée. De nouveaux réalisateurs saisissent alors leur chance. C’est ainsi que les innovations stylistiques des films américains empruntent beaucoup aux réalisateurs français de la Nouvelle Vague, qui ont ouvert la voie quelques années auparavant.
Une plus grande liberté de ton, le recours à des caméras plus mobiles, des ruptures de ton, des effets de distanciation, des thématiques sociales plus critiques sont autant d’éléments apparus à cette époque. Comme en Europe, à partir des années 1960, ce public cultivé américain de plus en plus large permet à des réalisateurs tels que Robert Altman (M*A*S*H*, 1970), John Cassavetes — Shadows (1959), Une femmes sous influence (A Woman Under the Influence, 1974) —, Bob Fosse (Cabaret, 1972) ou Woody Allen — Annie Hall (1977), Manhattan (1979) — de composer une véritable œuvre. Des films tels que le Lauréat (Mike Nichols) ou Little Big Man (Arthur Penn, 1969) sont également caractéristiques de cette période de remise en cause des acquis et de revendications de nouvelles « valeurs » culturelles et morales.
| 2. | Une « nouvelle dimension » |
Les années 1970 voient l’émergence d’une nouvelle tendance, le film d’action à très gros budget destiné à un public jeune et international. George Lucas, avec la trilogie de la Guerre des étoiles (Star Wars, 1977), mais surtout Steven Spielberg, à partir des Dents de la mer (Jaws, 1975) et Rencontres du troisième type (Close Encounters of the Third Kind, 1977), deviennent, et sont encore à ce jour, les maîtres incontestés du genre.
La décennie est également profondément marquée par deux films traitant de la guerre du Viêt Nam, notamment de ses effets sur une population américaine traumatisée, qui ne trouve ni explications ni justifications satisfaisantes à ce conflit : Voyage au bout de l’enfer (The Deer Hunter, 1978) de Michael Cimino avec Robert De Niro et Christopher Walken ; Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola avec, notamment, Marlon Brando.
Le Parrain (The Godfather, 1972) de Francis Ford Coppola et Taxi Driver (1976) de Martin Scorsese illustrent quant à eux la confirmation d’une tendance initiée au cours des années 1960, celle d’un cinéma à la fois populaire, grand public et profondément intime, reflétant les réflexions les plus personnelles, voire existentielles, de leurs réalisateurs.