classicisme (littérature)
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
classicisme (littérature)
2. Classicisme, un « anti-romantisme »

En rejetant les principes esthétiques hérités du xviie et du xviiie siècle, le romantisme crée donc a posteriori le terme de classicisme (Stendhal, Racine et Shakespeare, 1823-1825 ; Victor Hugo, préface de Cromwell, 1827).

L’institution scolaire fait ensuite du classicisme un mythe national, un moment de perfection de la langue et de la littérature. Ce processus aboutit à un modèle de rationalisme et de précision dans l’analyse psychologique, mais également à un modèle dans la maîtrise des moyens et dans l’effacement du « moi ». C’est un exemple de stylisation, de respect des règles et d’alliance entre l’esthétique et la morale. Cela ne va pas sans un tri sévère dans la littérature du Grand Siècle : des trente-cinq pièces de Pierre Corneille, l’institution ne semble avoir retenu que le Cid, Horace, Cinna et Polyeucte.

De nombreux écrivains du xxe siècle revendiquent le classicisme pensé comme un « anti-romantisme ». Certains comme Charles Maurras ont la nostalgie d’une époque d’avant les Lumières et la révolution industrielle. Paul Valéry ou André Gide procèdent plutôt d’une démarche réflexive et d’un refus de la modernité. D’autres encore mettent en avant le choix de la mesure face aux tentations de la chair (Paul Claudel) ou de l’histoire (Albert Camus).