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Classicisme, un « anti-baroque » |
Heinrich Wölfflin publie en 1898 un livre sur l’art italien du xvie et du xviie siècle, l’Art classique, dans lequel il oppose classicisme et baroque : d’un côté la ligne droite, la noblesse et l’équilibre, de l’autre la courbe, le mouvement et le foisonnement. D’un côté se trouvent les peintres Raphaël et Nicolas Poussin (les classiques), de l’autre Michel-Ange et le Bernin (les baroques). La notion de baroque n’est introduite que plus tard dans l’histoire littéraire française ; elle permet de nommer et de redécouvrir la période historique située entre la Renaissance et le classicisme. La littérature de l’âge baroque est placée sous le signe de l’irrégularité, du spectaculaire, de la métamorphose, de l’éphémère, de l’illusion et de l’identité vacillante. En effet, au début du xviie siècle, l’instabilité politique, l’effervescence religieuse et la remise en question de la place de l’homme dans l’univers sont un terreau fécond pour une littérature du trompe-l’œil, des miroirs et de la parure. Désormais la critique littéraire moderne admet le fait qu’il existe un tissu de relations denses et complexes entre classicisme et baroque.
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