| Jaruzelski, Wojciech | Format lecture | ||||
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| 2. | De l’ascension à la crise |
Né à Kurów, Wojciech Jaruzelski est déporté en URSS au début de la Seconde Guerre mondiale. À partir de 1941, il sert dans l'armée polonaise sous commandement soviétique. C’est un officier courageux, discipliné qui, après la guerre, adhère au Parti communiste (1947), est élu député de Szczecin et occupe plusieurs postes militaires importants avant de devenir ministre de la Défense nationale (1968). Là, il se distingue par sa lutte pour maintenir l'armée hors de la corruption de l'appareil du Parti et de l'État. En 1970, il entre au Comité central du Parti ouvrier unifié polonais (POUP).
Nommé Premier ministre le 10 février 1981, Jaruzelski doit aussitôt affronter le mouvement contestataire du syndicat Solidarité (fondé en 1980), dirigé par Lech Wałęsa, qui bénéficie d’une grande popularité dans le pays et au-delà des frontières.
Le 13 décembre 1981, peu après l'échec d'une rencontre avec Wałęsa et le primat de Pologne Jozeph Glemp, Jaruzelski, pressé par l’URSS, proclame l’« état de guerre », fonde un Conseil militaire de salut national, fait fermer les frontières et réprime l’opposition en enfermant les syndicalistes par milliers.
Ces mesures sont condamnées à l’Ouest. Mais Jaruzelski, « le général aux lunettes noires », symbole honni du monolithisme communiste, présente ses choix comme un rempart à une possible intervention soviétique et à la déliquescence de la Pologne.
Quoique régulièrement matée, l’agitation sociale demeure. Dès 1982, Jaruzelski donne des signes de détente, puis, contraint par la pression populaire et l’aura de Wałęsa (qui reçoit le prix Nobel de la paix en octobre 1983), il abroge la loi martiale (juillet 1983) et amnistie les chefs de Solidarité encore emprisonnés (juillet 1984).
Deux questions se posent alors : combien de temps Jaruzelski tiendra-t-il face à l’aspiration des Polonais à une démocratisation ? Et, en se référant à l’insurrection de Budapest et au Printemps de Prague, que va faire l’URSS ?