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despotisme éclairé

despotisme éclairé, forme de gouvernement dans lequel un monarque, souverain absolu, partage et tente de mettre en application certaines idées libérales et progressistes héritées du siècle des Lumières.

L’expression date du xixe siècle et se rapporte à des faits historiques du siècle précédent. À cette époque, de nombreux souverains — dont les plus connus sont Frédéric II de Prusse, Charles III d’Espagne, Catherine II de Russie, et l’empereur Joseph II d’Autriche — se réclament d’une pratique éclairée du pouvoir. Ils lancent notamment des réformes progressistes dans différents domaines (éducation et justice en Russie, agriculture en Espagne, presse ou tolérance religieuse en Autriche, etc.).

L’idéal des despotes éclairés est celui de « l’honnête homme » du xviiie siècle, intellectuel rationaliste cultivé, à l’origine de nombreuses actions de mécénat. Faisant grand cas de leur amour des arts, de la musique et de leurs conceptions novatrices en politique, ces monarques s’adjoignent souvent des philosophes tels que Voltaire (cour de Frédéric II) ou Diderot (cour de Catherine II de Russie).

En Prusse, l’application des principes rationalistes et humanistes de Frédéric II, surnommé le roi-philosophe, a un visage très paternaliste, ainsi qu’il l’exprime lui-même dans l’un de ses ouvrages de philosophie politique : « Les hommes ont choisi celui d’entre eux qu’ils ont cru le plus juste pour les gouverner, le meilleur pour leur servir de père. »

Néanmoins, si l’on ne peut comparer ces gouvernements à ceux des tyrannies despotiques, ils n’en constituent pas moins des systèmes de gouvernement qui s’apparentent plus à l’absolutisme autocratique qu’à la démocratie, avec laquelle ces systèmes n’ont en effet rien à voir puisqu’il n’y existe aucune véritable délégation des pouvoirs. En outre, rares sont les réformes que ces despotes éclairés ont réellement menées à leur terme. Peu d’entre elles ont en effet dépassé le stade des simples mesures économiques.