massacres de septembre 1792
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massacres de septembre 1792
3. Une tuerie spontanée

Une psychose du complot des prisons s’empare des esprits et, le 2 septembre 1792, l’annonce de la chute de Verdun met le feu aux poudres. La tuerie spontanée commence lors du transfert de prisonniers du Palais de justice à l’abbaye Saint-Germain, transformée en prison pour l’occasion. La plupart des prisonniers sont des prêtres qui ont refusé de prêter le serment d’allégeance à la Constitution civile du clergé, et la seule vue de vêtements ecclésiastiques suffit à enflammer les esprits. Vingt-trois prêtres sont tués avant même que le convoi de prisonniers n’ait atteint l’abbaye, bientôt prise d’assaut. La foule attaque ensuite la prison installée dans le couvent de carmélites de la rue de Vaugirard. En moins de quatre heures, 116 des 158 prêtres incarcérés dans le couvent sont exécutés après de sommaires jugements populaires. La tuerie la plus longue a lieu dans l’Hôtel de la Force, rue du Roi-de-Sicile, où l’occupation des lieux dure plusieurs jours (du 2 au 6 septembre). Des 500 prisonniers qui s’y trouvent, 110 sont des femmes, la plupart incarcérées pour des délits de vol ou de prostitution — 9 d’entre elles sont des prisonnières politiques. Des massacres de réfractaires et de nobles emprisonnés ont également lieu à Reims, Lyon, Caen et Meaux.

Au total, le bilan des exécutions s’élève à environ 1 300 morts, touchant autant les suspects contre-révolutionnaires que les filles publiques et les condamnés de droit commun.