massacres de septembre 1792
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massacres de septembre 1792
2. Un climat de vengeance et d’insécurité

Après la journée du 10 août 1792 au terme de laquelle la monarchie est abolie, les insurgés réclament que les responsables de la fusillade des Tuileries soient rapidement jugés. C’est en ce sens qu’est créé, dès le 17 août, un tribunal criminel extraordinaire. Mais la France, en guerre contre une coalition européenne, se trouve parallèlement dans un climat d’insécurité frontalière — l’armée française connaît de sérieux revers à Longwy et à Verdun à partir de fin août —, et la population parisienne craint des trahisons qui entraîneraient une invasion étrangère. Le siège de Dunkerque contribue à faire croire à la vox populi que la France compte autant d’ennemis à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières.

Dans l’esprit révolutionnaire, la défaite ne peut provenir que d’une trahison qu’il faut anticiper par la « terreur ». Un placard du gouvernement appelle les patriotes à une vigilance accrue : « Citoyens… vous avez des traîtres dans votre sein… votre active surveillance ne peut manquer de les déjouer. » Cet appel est amplement relayé par les journaux révolutionnaires comme l’Ami du peuple de Jean-Paul Marat qui réclame pour sa part l’exécution des principaux suspects de contre-révolution, les aristocrates et les membres du clergé.