| Format recherche | Wilson, Bob | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Wilson, Bob (1941- ), metteur en scène américain, figure de proue de l’avant-garde.
| 2. | De l’architecture à la scène |
Né à Waco (Texas), Robert Wilson (dit Bob Wilson) suit des études d’architecture d’intérieur au Pratt Institute, à New York, puis travaille avec Alwin Nikolais et Meredith Monk comme décorateur et interprète. Il fonde en 1968 the Byrd Hoffman School of Byrds. En 1972, il est révélé en France par son troisième spectacle, le Regard du sourd, présenté au festival de Nancy, sur l’invitation de Jack Lang.
Avec le Regard du sourd, Bob Wilson cherche à inventer un théâtre du silence pour communiquer avec les handicapés physiques ou mentaux en s’intéressant à leur perception du monde, au rôle joué par le langage et le corps dans leurs rapports avec le réel. Peu à peu, il élabore ainsi un théâtre des images, un cérémonial intime, une composition picturale, caractérisés par la lenteur des mouvements et où les mots peuvent être appréhendés comme des objets à part entière. La musique de ses spectacles, qu’il a souvent confiée à Philip Glass (voir Einstein on the Beach, 1974-1976), revêt une importance primordiale, puisqu’elle participe, elle aussi, du caractère visuel du spectacle.
| 3. | L’incontournable signature Bob Wilson |
Par la suite, Bob Wilson élargit son champ de création et réalise des spectacles moins spécifiques, mais toujours d’une grande beauté et d’une incontestable intensité, tels que Orlando de Virginia Woolf avec Isabelle Huppert, à l’Odéon en 1993, ainsi que Madame Butterfly de Giacomo Puccini à l’Opéra-Bastille la même année ; Hamlet a Monologue, d’après William Shakespeare, en 1995, interprété par Bob Wilson en personne ; la Maladie de la mort de Marguerite Duras en 1997, ainsi que Pelléas et Mélisande de Claude Debussy la même année à l’Opéra Garnier à Paris ; la Mort de Danton de Georg Büchner en 1998 ; Orphée et Eurydice et Alceste de Christoph Willibald von Gluck pour la réouverture du théâtre du Châtelet à Paris en 1999, ainsi que le Songe d’August Strindberg la même année à Nice et en mars 2000 au théâtre de Chaillot. En 2006, il met de nouveau en scène Quartett, de Heiner Müller, au théâtre de l’Odéon (mise en scène en anglais en 1988), avec la comédienne Isabelle Huppert.
Sa conception du théâtre a influencé bon nombre de metteurs en scène, tels que Patrice Chéreau, Georges Lavaudant ou Roger Planchon, qui ont instauré, à l’instar de Bob Wilson, « la possibilité d’une écriture scénique indépendante du texte », bien que cette approche ait parfois été contestée, certains considérant que la forme, par trop revendiquée, mise en avant et dissociée du fond, réduit la mise en scène à la simple signature de Bob Wilson.