gauche (politique)
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gauche (politique)
2. La gauche française au xixe siècle

L’histoire de la gauche, depuis la Révolution française, se caractérise par une suite de combats qui, au-delà des références symboliques léguées à la génération suivante, ont contribué à faire évoluer une notion politique toujours en mouvement.

Le premier de ces combats a été mené sous la Restauration. Défenseurs des acquis matériels de la Révolution et partisans d’un pouvoir s’appuyant sur des bases plus représentatives et plus larges, les libéraux s’opposent aux ultras et entendent faire participer la bourgeoisie dans son ensemble à la vie politique. La révolution de 1830 marque le triomphe de leurs aspirations mais, dès lors, les libéraux cessent d’appartenir à la gauche pour glisser vers la droite et voient leur rôle politique décliner au profit d’autres mouvements porteurs de valeurs nouvelles et s’engageant dans un nouveau combat, celui de la République.

Né sous la monarchie de Juillet, le parti républicain revendique principalement l’instauration du suffrage universel et connaît avec la Révolution de 1848 et l’instauration de la iie République une importante victoire. Mais l’aspect romantique et humaniste de ses revendications ainsi que la faiblesse de son programme social lui aliène le soutien populaire, et les « démoc-soc » sont battus lors des élections de mai 1849.

Cependant, la mise en place d’un nouveau régime, le second Empire, redonne un sens au combat républicain et favorise l’émergence d’une nouvelle famille à gauche, dominée par des personnalités tels Léon Gambetta ou Jules Ferry. L’abdication de Napoléon III et l’écrasement de la Commune, qui fait disparaître le courant socialiste et révolutionnaire, permet à cette gauche républicaine, positiviste, patriote et anticléricale, d’accéder au pouvoir et d’entreprendre quelques grandes réformes libérales, tel l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire. Mais elle n’entend pas intervenir dans le domaine social, hormis par la loi Waldeck-Rousseau en 1884 qui libéralise le droit de constituer des syndicats. En fait, ces républicains opportunistes, rejetés progressivement vers la droite, disparaissent lors de l’affaire Dreyfus au profit de la gauche radicale.