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Bourget, Paul

Bourget, Paul (1852-1935), écrivain français, dont les travaux ont eu une influence capitale sur les écrivains « décadents » de la fin du XIXe siècle.

Paul Bourget entre en littérature par la poésie (la Vie inquiète, 1875), mais ses vers, qui ont l’accent du Parnasse (voir Parnassiens), ne connaissent qu’un succès d’estime. Amené à réfléchir sur les causes de son échec, il se fait l’analyste des raisons qui paralysent la création des écrivains de sa génération. Dans ses Essais de psychologie contemporaine (1883-1885), il délaisse la psychologie des auteurs pour lui préférer l’intérêt social des œuvres, dans lesquelles il voit un moyen de transmettre un héritage psychologique à toute une génération. Sa méthode consiste à déceler chez les romanciers (Stendhal) et les poètes (Baudelaire) les symptômes des « maladies morales » d’une époque, ce qu’il illustre dans des romans teintés de moralisme et de scientisme tels que Cruelle Énigme (1885) ou André Cornélis (1887). Les contemporains de Bourget ont salué en lui le créateur d’une œuvre salvatrice qui libère les jeunes écrivains de la stérilité littéraire, consécration qui aboutira, en 1894, à son élection à l’Académie française. Pourtant, avec le Disciple (1889) s’opère un tournant dans sa carrière. Converti au catholicisme, il se fait le chantre des idées conservatrices et monarchistes. Quant à ses romans à thèse — l’Étape (1902), l’Émigré (1907) —, ils sont marqués par un excès d’idéalisme, ce qui a probablement contribué à faire perdre peu à peu à Bourget la place prépondérante qu’il occupait jadis dans la littérature française.