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communiste français, Parti [PCF]
1. Présentation

communiste français, Parti [PCF], parti politique français.

2. La scission de la SFIO

Le Parti communiste français est créé en décembre 1920, du fait d’une scission au sein de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) au congrès de Tours. La majorité, qui se prononce pour l’adhésion à la IIIe Internationale, va constituer la Section française de l’Internationale communiste (SFIC, qui devient officiellement le Parti communiste-SFIC en 1922), tandis que la minorité conserve la structure de la SFIO.

Dans un premier temps, les communistes affichent des positions révolutionnaires, antimilitaristes et internationalistes ; ils sont pro-bolcheviks jusqu’en 1934. Voulant renverser l’ordre bourgeois, ils tiennent un discours extrême, diabolisé par leurs adversaires, qui les coupe du reste de la gauche française. Les effectifs du parti, dont l’Humanité est l’organe officiel, diminuent (131 000 adhérents en 1921, 52 000 en 1923), mais il attire en revanche des intellectuels tels que Louis Aragon et les surréalistes (1927). Le Parti communiste obtient 26 élus aux élections de 1924, mais n’en compte plus que 11 après les élections de 1932.

3. Des années 1930 aux années 1970

Dans le cadre de la lutte contre le fascisme, le Parti communiste, sous l’impulsion de Maurice Thorez qui en est le secrétaire général à partir de 1930 (et jusqu’en 1964), appuie sans y participer le gouvernement du Front populaire de 1936 (pacte d’unité d’action PC-SFIO, 27 juillet 1934). Fort de cette réintégration au sein des forces de gauche, le Parti communiste obtient 72 sièges aux élections (15,3 p. 100 des suffrages). Néanmoins, il se distingue par son exact alignement sur la ligne de Moscou, définie par Staline.

En 1939, le Parti communiste français soutient ainsi le pacte germano-soviétique, ce qui provoque la dissolution des organisations communistes ordonnée par Daladier (septembre 1939). Le Parti communiste devient clandestin, Maurice Thorez déserte et rejoint l’Union soviétique. Mais, en 1941, après l’agression de l’Union soviétique par Hitler (22 juin 1941), le Parti communiste s’engage résolument dans la Résistance. Il crée le mouvement des Francs-Tireurs et Partisans français (FTP ou FTPF), et ses représentants entrent au Conseil national de la Résistance (CNR) en 1943.

Cet engagement le conduit à devenir le premier parti de France à la Libération, avec 500 000 adhérents et 26 p. 100 des suffrages (élections d’octobre 1945). Des communistes font alors partie du gouvernement tripartite (avec des socialistes et des représentants du Mouvement républicain populaire) jusqu’en 1947, où ils sont exclus du cabinet Ramadier (5 mai) sur fond de guerre froide. Le Parti communiste retrouve alors ses thèses révolutionnaires et son isolement politique, sans perdre d’électeurs. Cependant, une partie de ses adhérents le quitte au lendemain de l’entrée des chars soviétiques à Budapest (1956), puis à Prague (1968). Sous les présidences gaullistes de la Ve République, le PCF voit son influence diminuer (autour de 20 p. 100 des suffrages).

4. La stratégie d’Union de la gauche

Afin de sortir de son isolement, le PCF, sous la direction de Waldeck-Rochet (1964-1970) puis de Georges Marchais (1970-1994), engage une politique de rapprochement avec les socialistes. Signant en 1972 le Programme commun de gouvernement avec le Parti socialiste, le Parti communiste se lance dans une stratégie d’Union de la gauche, partiellement remise en cause après l’échec des législatives de 1978. En 1981, Georges Marchais obtient 15,5 p. 100 des voix à l’élection présidentielle, et le Parti communiste obtient 44 députés. Des communistes participent aux gouvernements de Pierre Mauroy (ministères des Transports, de la Fonction publique, de la Santé et de la Formation professionnelle) jusqu’en 1984, mais pas à ceux de Laurent Fabius (1984-1986).

S’opposant au Parti socialiste, ébranlé par des dissensions internes et par la contestation de la ligne officielle par les « rénovateurs », le Parti communiste voit ses résultats électoraux continuer à diminuer, passant sous la « barre » des 10 p. 100 des suffrages en 1986. Mais, Robert Hue, élu secrétaire national le 29 janvier 1994, procède à un assouplissement des structures et des discours (abandon du principe du centralisme démocratique), relance le dialogue avec l’ensemble des forces de gauche et entame une stratégie d’union avec le Parti socialiste – stratégie qui conduit les partis de gauche à la victoire aux législatives de mai-juin 1997 (avec 9,91 p. 100 des voix au premier tour et 37 sièges pour le PCF). Dans le gouvernement de Lionel Jospin, le PCF est représenté par Jean-Claude Gayssot (ministre de l’Équipement, des Transports et du Logement), Marie-George Buffet (ministre de la Jeunesse et des Sports) et Michelle Demessine (secrétaire d’État auprès du ministre de l’Équipement, des Transports et du Logement, chargée du Tourisme).

5. L’échec de la « mutation » ?

La politique de réformes conduite par Robert Hue, qui se caractérise principalement par l’ouverture au mouvement social et la participation au gouvernement, connaît cependant un sérieux revers lors des élections municipales de mars 2001. La perte de la ville de Nîmes, seule agglomération de plus de 100 000 habitants encore aux mains des communistes, ainsi que de bastions traditionnels comme Argenteuil, Colombes, Drancy, Evreux ou Tarbes, pose la question de l’avenir du PCF, dans la mesure où ces revers sont le signe du déclin de son ancrage municipal. Perdant son identité, contesté sur sa gauche par l’extrême gauche, le PCF de Robert Hue se voit contraint de poursuivre plus avant sa politique réformatrice. Néanmoins, aux élections sénatoriales de septembre 2001, le Parti communiste gagne 4 sièges. Parmi les nouveaux élus, toutes des femmes, Michelle Demessine, devenue secrétaire d’État au Tourisme, annonce sa démission du gouvernement pour siéger au Sénat.

Lors du 31e Congrès du PCF en octobre 2001, la « mutation » du parti est impulsée par une modification de ses statuts, et notamment par la mise en place d’une direction bicéphale : Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, succède à Robert Hue au poste de secrétaire national tandis que celui-ci devient président du parti, une fonction qui n’existait pas jusqu’alors. Rejetée par 15 fédérations, cette transformation ne se fait toutefois pas sans un certain malaise parmi les militants.

Lors du premier tour de l’élection présidentielle de mai 2002, Robert Hue obtient le score le plus bas jamais réalisé par un candidat communiste (3,37 p. 100 des suffrages exprimés). Ce résultat confirme la forte désaffection de l’électorat traditionnel, qui semble due au décalage entre les aspirations d’ouverture manifestées par la direction du parti et les attentes ancrées à gauche de ses électeurs. Sous la barre des 5 p. 100, le candidat communiste n’obtient pas le remboursement de ses frais de campagne, et le parti est contraint de lancer une vaste souscription pour échapper à une crise financière sans précédent. Lors des élections législatives au mois de juin suivant, Robert Hue ne retrouve pas son siège de député. Le nombre d’élus communistes à l’Assemblée nationale passe de 35 à 21, ce qui leur permet malgré tout de continuer à constituer un groupe. Le débat entre les différentes tendances qui animent le parti s’élève au lendemain de ces résultats qui semblent sanctionner l’échec de la voie de la « mutation » telle qu’elle a été conduite. Mais les élections régionales et cantonales de 2004 voient une remontée du PCF qui participe à la très large victoire de la gauche. Sa secrétaire, Marie-George Buffet, obtient 7,2 p. 100 des voix en Île-de-France, tandis que le PCF obtient plus de 10 p. 100 en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais, devançant de manière générale les listes d’extrême gauche. Cette configuration politique se reproduit lors des élections européennes de juin 2004, où le PCF recueille 5,25 p. 100 des voix et obtient 2 sièges. En septembre 2004, lors des élections sénatoriales, le PCF gagne 2 sièges supplémentaires ; Robert Hue est élu sénateur du Val-d’Oise. Marie-George Buffet, pour sa part, est réélue secrétaire nationale du PCF pour un troisième mandat en mars 2006, avec 91,27 p. 100 des voix. En janvier 2007, elle se met en congé de la direction du Parti afin de mener campagne pour l’élection présidentielle à venir comme candidate de la gauche populaire et antilibérale, soutenue par le PCF. Lors du premier tour de ce scrutin, elle obtient 1,93 p. 100 des suffrages, le plus faible score de l’histoire du Parti communiste. Au sein du Parti, ceux qui étaient favorables à une candidature unitaire de la gauche antilibérale (la gauche qui a milité pour le « non » au référendum sur le traité de Constitution pour l’Union européenne), et qui reprochent à Marie-Georges Buffet d’avoir décidé de faire cavalier seul, remettent en cause cette « ligne suicidaire » (Pierre Zarka) : l’extrême gauche est ainsi éparpillée entre cinq candidats à l’élection présidentielle de 2007. Lors des élections législatives de juin 2007, le PCF obtient 15 élus ; afin de conserver un groupe à l’Assemblée nationale, ils s’allient aux élus verts avec lesquels ils forment la Gauche démocrate et républicaine. Dans le même temps, un autre signe manifeste du déclin du PCF concerne son nombre d’adhérents, qui est en chute constante (710 000 en 1981, 210 000 en 1997 et 125 000 en 2004).