israélo-arabe, conflit
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israélo-arabe, conflit
3. 1948 : une guerre d’indépendance

Le rejet d’Israël par les nations arabes se manifeste sur le terrain militaire, dès le lendemain de la déclaration d’indépendance. Le 15 mai 1948, les troupes égyptiennes, syriennes, libanaises et celles de la Transjordanie envahissent le nouvel État. Cette agression concertée transforme en guerre les multiples actions de guérilla qui ont lieu depuis 1947. La lutte contre le « péril sioniste » sert également à fédérer les nations arabes, par ailleurs divisées. La rapide victoire escomptée n’est pas au rendez-vous : les armées arabes sont défaites et contraintes d’accepter un armistice en 1949.

Le rapport de force militaire crée un climat politique qui s’oppose à un apaisement des relations israélo-arabes. Le plan onusien de 1947, partageant la Palestine, était destiné à créer sur ce territoire deux États : l’un juif, l’autre arabe, en faveur des Palestiniens. Ce dernier n’a pas vu le jour. La défaite arabe donne lieu à deux réactions qui vont entretenir un niveau de tension qui porte en germe les conflits à venir. Israël voit validée sa politique de défense : les États arabes ont tenté, dès le premier jour, de s’opposer à la création d’un État juif. Dès lors, cette attitude légitime le refus de l’État hébreu de voir les Palestiniens revendiquer leur droit à une terre et justifie la politique d’expulsion des Palestiniens. Du côté arabe, l’humiliation de la défaite (les Palestiniens évoquent la création d’Israël et la défaite de 1949 sous le terme de Nakbah qui signifie la grande catastrophe) entretient, avec une intensité renouvelée, le rejet des Juifs, qui devient un élément fondamental de la légitimité des gouvernements et de la cohésion de la nation arabe.

L’armistice, conclu avec les Arabes en février 1949, laisse subsister deux problèmes dont la seule existence explique les conflits à venir : l’État hébreu ne dispose pas de frontières reconnues, les Palestiniens vaincus par Israël deviennent des réfugiés sans terre. La seule question des revendications territoriales alimente la tension entre Juifs et Arabes.