Vivendi Universal
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Vivendi Universal
2. Historique
1. De la Compagnie générale des eaux (CGE)…

C’est un décret impérial qui, en 1853, officialise la création de la Compagnie générale des eaux (CGE), qui obtient sa première concession de service public de distribution d’eau à Lyon, puis une seconde à Paris en 1860. Son activité se développe ensuite hors de France (Venise, Istanbul, Porto) et s’élargit vers les métiers de retraitement des eaux usées. Progressivement, la CGE étend son savoir-faire à d’autres services collectifs liés à la propreté et à ce que l’on qualifie aujourd’hui de manière globale de « métiers de l’environnement » : propreté, recyclage et traitement des déchets urbains. Les liens que l’entreprise tisse avec les collectivités publiques lui permettent d’investir dans divers autres secteurs comme la restauration, l’hôtellerie et surtout l’immobilier.

2. … à Vivendi puis Vivendi Universal

Tel est le périmètre du groupe lorsqu’en 1996 Jean-Marie Messier est nommé pour assumer la direction de la CGE. Dès 1997, le groupe procède à des restructurations d’envergure, notamment en France, en cédant les participations financières jugées accessoires afin d’investir dans les métiers de la communication. En 1998, l’entreprise adopte une nouvelle dénomination sociale : Vivendi. Puis, en décembre 2000, les actionnaires du groupe ainsi que ceux de Canal + (l’une des principales filiales de Vivendi depuis 1998) approuvent la fusion avec le groupe canadien Seagram ; créé en 1928, celui-ci exerce ses activités dans les secteurs des loisirs musicaux et cinématographiques, les parcs à thème ainsi que les vins et les spiritueux. Ce rapprochement donne naissance à Vivendi Universal, qui devient le deuxième groupe mondial de communication derrière le géant américain Time Warner.

3. Le « tout communication »

Entre 2000 et 2002, la stratégie du groupe, désormais exclusivement tournée vers le secteur de la communication, est menée au nom d’une politique dite de convergence : en effet, la révolution numérique qui s’opère tend à relier les moyens de communication (l’écrit, le son, l’image) en un support unique, point d’entrée du tout multimédia et de l’accès à l’Internet. La constitution du portail Vizzavi, l’absorption de Havas — qui conduit à la création de Vivendi Universal Publishing (VUP), dont les principales activités sont la presse, l’édition et le multimédia (CD-ROM éducatifs et jeux interactifs) — et l’acquisition de la société MP3.com se veulent les témoins de cette stratégie. Toutefois, cette politique d’acquisitions (plus de 2 milliards d’euros sont investis), menée dans un contexte extrêmement spéculatif, pèse lourdement sur les comptes de Vivendi Universal et aboutit à une déroute financière pour les actionnaires. En deux ans (de 2000 à 2002), l’action Vivendi Universal perd 80 p. 100 de sa valeur ; le président Jean-Marie Messier est contraint de démissionner.

Son successeur Jean-René Fourtou est nommé à la présidence de Vivendi Universal en 2002. Afin d’enrayer la baisse des résultats et de remettre l’entreprise sur la voie de l’équilibre puis de la croissance, il initie une intense politique de cession d’actifs et de recentrage des activités, qui a pour contrepartie le retrait et / ou l’abandon de certains métiers : Vivendi Environnement, activité historique de la CGE, se sépare ainsi du groupe, tandis que la filiale Vivendi Universal Publishing (VUP) est cédée à la Socpresse (pour l’activité presse et magazines professionnels) et à Hachette Livre (pour une partie de l’activité éditoriale).