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Dolce Vita, la [Federico Fellini]

Dolce Vita, la [Federico Fellini], film italien en noir et blanc de Federico Fellini, réalisé en 1960.

Un jeune journaliste, Marcello (Marcello Mastroianni), est le témoin complaisant et amer des mœurs d’une aristocratie romaine décadente et des provocations vaines des gens du cinéma. Il est lui-même à la dérive et multiplie les frasques : il loue le lit d’une prostituée du Pincio pour passer la nuit avec Maddalena (Anouk Aimée), la fille névrosée d’un milliardaire, pendant que sa compagne Emma (Yvonne Furneaux) tente de se suicider. Il joue les mentors hypocrites dans une soirée de bacchanales où officie une star hollywoodienne, Sylvia (Anita Ekberg), avant de se faire corriger sur la Via Veneto par son athlétique fiancé. Il rencontre l’intellectuel Steiner (Alain Cuny) qui juste après se donne la mort avec ses enfants. Il traverse jusqu’à la nausée la débâcle orgiaque des salons romains même si à l’aube, seule petite lueur d’espoir, ses yeux reconnaissent encore le visage innocent d’une jeune fille sur la plage.

Avec la Dolce Vita, Fellini s’affranchit définitivement du néoréalisme. Construit sous forme de grands tableaux, la Dolce Vita rompt avec la narration linéaire pour chercher une cohérence onirique, guidée par la seule pensée créatrice du cinéaste, qui unit ici en un seul propos un questionnement existentiel et une forme esthétique fragmentée. En s’évadant des carcans de la représentation sociale, Fellini réinvente un univers à sa mesure : démiurgique. Le film, qui dure trois heures, a suscité de violentes réactions lors de sa sortie, ce qui ne l’a pas empêché de remporter la palme d’or du festival de Cannes en 1960.