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Jeanmaire, Zizi (1924- ), danseuse classique française, compagne du chorégraphe Roland Petit, devenue meneuse de revue et chanteuse.
Le parcours artistique de Renée Jeanmaire, dite Zizi Jeanmaire, est à bien des égards atypique. Elle se consacre un temps à la danse classique (c’est un ex-rat de l’opéra de Paris), avant d’orienter sa carrière vers le music-hall et la chanson. En 1949, elle crée l’événement à Londres avec Carmen, un ballet néoclassique conçu comme une transposition hardie de l’opéra de Bizet et chorégraphié par son mari Roland Petit. Jouant avec la lascivité canaille de l’interprète, qui danse là une gitane au tempérament volcanique, l’œuvre est jugée sulfureuse — François Mauriac parlera même de scandale.
C’est ce mélange de vamp et de garçonne qui fera la fortune de Zizi Jeanmaire, qui, en 1950, interprète et chante, toujours sous la direction de Roland Petit, la Croqueuse de diamants, un spectacle léger aux frontières de la danse et du music-hall. Dès lors, la danseuse va céder le pas à la chanteuse, qui s’entoure de jeunes paroliers — Guy Béart pour « Qu’on est bien », ou « les Bras d’Antoine » —, interprète Leo Ferré (« Paris canaille ») et met au point un style immédiatement identifiable : minijupe, bas noirs et cheveux courts. En 1957, c’est la consécration avec Mon truc en plume, une comédie musicale à grand spectacle et dont la chanson éponyme connaîtra un énorme succès auprès du grand public. Les professionnels de la chanson ne seront pas en reste puisque Serge Gainsbourg lui compose en 1960 une série de chansons qu’elle reprendra en 1995, dans un spectacle dédié à l’auteur de « Bloody Jack ». Tout naturellement, Zizi Jeanmaire devient en 1970 meneuse de revue au Casino de Paris, dans la lignée de Mistinguett avec qui elle a certains points communs : un mélange de gouaille et de chic typiquement parisiens, une attention portée sur les jambes, les fameuses « gambettes » de la Miss.