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Bel-Ami [Guy de Maupassant]

Bel-Ami [Guy de Maupassant], roman de Guy de Maupassant, publié en 1885, deux ans après Une vie, son premier roman.

Plus connu pour ses nouvelles — il en écrira plus de trois cents —, Maupassant n’en a pas moins été l’héritier de celui qu’il considérait comme son maître, Gustave Flaubert. Ainsi, par son souffle, son rythme vif, qui épouse l’ascension sociale fulgurante du héros (Georges Duroy), le roman Bel-Ami est un ouvrage essentiel de la littérature de la seconde moitié du XIXe siècle.

Ancien hussard devenu modeste employé, Duroy vivote. La rencontre fortuite d’un ancien camarade, Charles Forestier, journaliste influent, mais aussi ses dons de séducteur totalement dénué de scrupules, vont permettre à Duroy de devenir en quelques années un journaliste en vue puis un homme clé de la vie politique et économique parisienne. Roman de l’ambition, Bel-Ami permet surtout à Maupassant de dresser un tableau sans concession de la société de l’époque, et de dénoncer en particulier la collusion qui règne entre les milieux du journalisme et ceux de la politique. Tout y est jeu d’intérêts et intrigues, mais c’est surtout un monde borné et hypocrite qui apparaît. Révéler la médiocrité de ce petit monde — ignorant de sa propre tragédie — en lui opposant l’éclair fulgurant d’une réussite individuelle, tel est le pari tenu de Bel-Ami.

Dans des décors qu’il sait varier à l’infini, Maupassant laisse une grande place aux jeux de la séduction. Bel homme, Duroy séduit et utilise sans scrupules les femmes pour parvenir à ses fins. Mais il n’aurait pas pu atteindre de tels sommets s’il n’avait lui-même été guidé par l’intelligence d’une femme, Madeleine Forestier, la femme de son ami. Ainsi, pour Maupassant, sans la froideur d’une intelligence calculatrice, le charme et la sensualité ne sont d’aucun pouvoir et la réussite sociale n’est possible que si l’on a fait son deuil d’une vie idéale dans laquelle l’amour et la vérité pourraient ne faire qu’un.