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Nadja [André Breton]

Nadja [André Breton], récit d’André Breton, publié en 1928.

Nadja, le plus célèbre des récits d’André Breton, est l’évocation d’une rencontre survenue rue Lafayette à Paris en octobre 1926, rencontre d’une femme qui incarne l’absolu féminin en même temps que la perfection surréaliste. Nadja apparaît comme une fée « inspirée et inspirante » qui va initier le narrateur à la transfiguration du quotidien en l’entraînant dans des déambulations à travers les rues de Paris. Cette femme mystérieuse, qui s’affirme comme « l’âme errante », invite Breton à une traversée du miroir qui l’emmène de l’autre côté de la réalité, au-delà de la frontière qui distingue le réel de l’imaginaire mais sépare aussi la raison et la folie.

Fruit du « hasard objectif » par excellence, cette rencontre avec Nadja est le début d’une idylle passionnée vouée cependant à l’échec. Fasciné par cette femme-fée, Breton la voit s’éloigner, s’égarer, et leurs rapports se détériorent pour conduire à la rupture. Quelque temps après, il apprend que Nadja a été internée dans un asile à la suite de comportements insensés dans un hôtel. Quand s’achève cette parenthèse troublante dans la vie du narrateur, celui-ci s’interroge sur le sens de cette rencontre magique pour y trouver une valeur exemplaire : Nadja a été pour lui un guide sur les chemins du rêve, leur histoire une invitation à emprunter d’autres voies que celles, rebattues, de la raison et des convenances et elle lui a permis d’éprouver sa propre liberté. La route du rêve éveillé n’est toutefois pas distincte de celle du quotidien, les lieux traversés (le jardin des Tuileries, le Sphynx-Hôtel, etc.), dont les photos illustrent le récit, sont ceux de la réalité, mais un regard neuf et enchanté, aidé en cela par la femme-guide, peut les transfigurer pour y découvrir une sur-réalité (voir Surréalisme).