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Atalante, l' [Jean Vigo], film français en noir et blanc de Jean Vigo, réalisé en 1934.
Le marinier Jean (Jean Dasté) épouse Juliette (Dita Parlo), une fille de paysans d’un petit village de l’Oise. Ils s’embarquent aussitôt sur la péniche l’Atalante, pilotée par le père Jules (Michel Simon), vieux matelot excentrique qui vit entouré de ses chats. Mais Juliette s’adapte mal à la vie sur une péniche. À Paris, elle quitte l’Atalante et s’éprend d’un camelot (Gilles Margaritis). Pendant ce temps, Jean désespère et néglige son travail. Prenant les choses en main, le père Jules part à la recherche de Juliette et la ramène à son mari. Tous deux retrouveront le bonheur.
Mutilé par les producteurs, l’Atalante n’a été restitué dans son montage originel qu’en 1990. C’est le seul long métrage de Jean Vigo, mort d’une septicémie à vingt-neuf ans, avant la fin du montage. D’une certaine manière, l’Atalante se rattache à l’école « impressionniste » française (Jean Epstein, Marcel L’Herbier, Germaine Dulac) par la prépondérance accordée aux thèmes de l’eau et du fleuve : fluidité et « liquidité » ont d’ailleurs joué un rôle majeur lors du filmage et du montage. Mais l’Atalante possède en propre une fièvre lyrique intense qui fait du film un objet rare dans le cinéma français des années trente. Ce que l’on sait d’un tournage extrêmement difficile fait d’ailleurs foi : le scénario n’était suivi que d’assez loin et Vigo profitait de la moindre variation climatique pour tirer de son opérateur, Boris Kaufman, d’éblouissants effets de lumière. Par ailleurs, l’amour de Jean et de Juliette offre autant de scènes à forte teneur érotique, superbement mises en valeur par Vigo qui a l’art de filmer les visages et la peau. La scène où Jean et Juliette, séparés, font en même temps le même rêve, qu’on devine érotique, est une réussite absolue. Le film a marqué des générations de cinéphiles, et François Truffaut le tenait pour l’un des ses préférés.