| Fratellini, famille | Format lecture | ||||
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| 2. | La première génération de clowns |
Fils d’un clown acrobate et d’une blanchisseuse, Louis (1868-1909), Paul (1877-1940), François (1879-1951) et Albert (1885-1961) Fratellini reçoivent très tôt un enseignement rigoureux (gymnastique acrobatique, mimique, danse et musique instrumentale). Formés par leur père, Gustave Fratellini (1842-1902), ils apprennent tout un répertoire d’entrées (entrées de parodie, entrées de comédie, entrées musicales).
Paul, bon gymnaste, crée un duo de clowns acrobates avec Louis. Leur réputation grandit rapidement. Ils sont à l’affiche du Cirque Médrano, en 1898, aux côtés de François, écuyer émérite. Albert les rejoint ensuite au Cirque d’Hiver. À sa fermeture en 1907, ils se séparent ; Louis et Paul partent pour Copenhague, François (qui endosse pour la première fois l’habit de clown) et Albert pour l’Allemagne. À la mort de Louis, les Fratellini se regroupent et créent le célèbre trio. François est le clown blanc, un feutre pointu coiffant sa houppe, Paul le premier auguste, en queue-de-pie et haut-de-forme, et Albert l’autre auguste, accoutré d’un costume trop large et d’énormes chaussures, portant un gros nez rouge et une perruque tournoyante.
Originaux et novateurs, ils adaptent pour le jeu à trois des entrées jusqu’à présent interprétées par le duo classique du clown blanc et de l’auguste. En modifiant ainsi l’action et l’intrigue des sketchs, ils redessinent les caractères des personnages, et créent un comique plus fringant. De leurs débuts au Cirque Busch de Berlin (1910) jusqu’aux plus grands music-halls parisiens, ils acquièrent une célébrité jamais égalée. Charles Dullin, Jacques Copeau, André Antoine, Firmin Gémier et les comédiens du Français s’inspirent de leur jeu. Jean Cocteau leur écrit en 1920 une farce, le Bœuf sur le toit, sur une musique de Darius Milhaud et dans des décors de Raoul Dufy. Raymond Radiguet situe quant à lui une scène de son roman le Bal du comte d’Orgel (1923) dans leur loge.