| Format recherche | Freaks [Tod Browning] | Format lecture |
Freaks [Tod Browning], film américain en noir et blanc de Tod Browning, réalisé en 1932.
Dans le cirque Tetrallini, la belle et vénéneuse acrobate Cléopâtre (Olga Baclanova) feint d’aimer le lilliputien Hans (Harry Earles) pour s’approprier la fortune dont il vient d’hériter. Bien que fiancé à Frieda (Daisy Earles), écuyère lilliputienne, Hans se laisse séduire par Cléopâtre et accepte de l’épouser. Au cours du repas de noces, Cléopâtre s’enivre, injurie les convives, qui sont tous des monstres de foire, et tente d’empoisonner Hans avec la complicité d’Hercule (Henry Victor). Mais le stratagème est démasqué par les monstres qui se vengent en assassinant Hercule et en mutilant Cléopâtre. Transformée en poule humaine, cette dernière rejoindra leurs rangs.
Encouragé par les succès de Dracula (1931), également de Tod Browning, et de Frankenstein (1931, avec Boris Karloff) de James Whale, le producteur Irving Thalberg décide de produire un film capable de surenchérir dans le monstrueux et le terrifiant. Séduit par le scénario de Willis Goldbeck, il en confie la réalisation à Tod Browning, lui laissant une entière liberté de manœuvre. Avec Freaks (ou la Monstrueuse Parade), Tod Browning s’efforce de réaliser un mélodrame classique, malgré la difformité des acteurs. Sans jamais céder à un goût morbide pour l’anormalité, le cinéaste multiplie les scènes où les monstres agissent en humains « normaux » comme l’attestent, avec une pointe d’humour noir, le concerto à quatre mains des sœurs siamoises, la conversation banale entre le torse-vivant Rudiar et l’homme-tronc Johnny Eck, ou encore la partie de campagne où les monstres s’ébattent. Tod Browning ne filme aucun gros plan susceptible de susciter le dégoût du spectateur, mais privilégie toujours les plans d’ensemble de ses personnages en pleine action. Malgré ces partis pris documentaristes, le film demeure profondément perturbant. Le malaise provient de ce que le spectateur est contraint de se reconnaître dans cette inhumanité monstrueuse.