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Rome, ville ouverte [Roberto Rossellini] (Roma, città aperta), film italien en noir et blanc de Roberto Rossellini, réalisé en 1945.
En 1944, Rome déclarée « ville ouverte » est le théâtre de violents affrontements entre les résistants et la Gestapo. Recherché par les Allemands, le communiste Giorgio Manfredi (Marcello Pagliero) se réfugie chez l’ouvrier typographe Francesco (Francesco Grandjaquet) et sa future femme Pina (Anna Magnani). Manfredi organise une dangereuse attaque de transfert de fonds. Dénoncé par sa maîtresse (Maria Michi), il est arrêté et torturé à mort par la Gestapo qui exécute également Pina.
Rome, ville ouverte est le film fondateur du néoréalisme (terme forgé en 1943 par le critique et scénariste Umberto Baro). Tourné en décors entièrement naturels, le film de Roberto Rossellini cherche à rendre compte de la vie quotidienne des gens du peuple dans le style le plus brut possible. Sous la forme d’« actualités immédiatement reconstituées », il s’agissait pour le cinéaste de s’approcher au plus près d’une manière de reportage social — même si Rossellini ne renonce pas tout à fait aux moyens de la dramatisation cinématographique. En effet, l’extraordinaire composition vériste d’Anna Magnani et, plus particulièrement, l’épisode mélodramatique de sa mort attestent la parfaite maîtrise par Rossellini des codes du cinéma classique. Les conditions de tournage de Rome, ville ouverte sont des plus difficiles puisque Rossellini achète la pellicule au jour le jour en vendant ses meubles et filme sans avoir visionné les scènes déjà tournées. Appropriée au sujet, cette pauvreté de la forme confère au film une profonde cohérence esthétique. Cependant, l’étiquette de « néoréalisme » ne doit pas occulter la dimension hiératique qui est en arrière-plan de Rome, ville ouverte, construit comme une « Passion moderne ».
Voir Italien, cinéma.