| Format recherche | Zingaro | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Zingaro, troupe de théâtre équestre française, installée à Aubervilliers.
| 2. | Spectacles équestres |
Le théâtre Zingaro est une forme moderne de cabaret équestre et musical conçue et dirigée par Clément Marty, dit Bartabas. Né en 1957, cet ancien jockey poursuit de spectacle en spectacle un travail de recherche artistique sur le couple homme-cheval, sur la relation de l’intellect et de l’instinct, en revisitant notamment les cultures indiennes, géorgiennes ou coréennes. Après avoir fondé le théâtre Emporté en 1976, puis en 1979 le cirque Aligre, Bartabas crée en 1984 le théâtre Zingaro qui donne la même année son premier spectacle, Cabaret équestre. La troupe est invitée en 1987 et 1989 au festival d’Avignon et s’installe dans un théâtre fixe à Aubervilliers, où elle attire un nombreux public.
Pour Opéra équestre (1991), elle collabore avec des chanteuses berbères ainsi que des chanteurs et des musiciens géorgiens. En 1994, Bartabas crée Chimère, avec des bardes itinérants du Rajahstan, remontant à la source des peuples nomades. Dans Éclipse (1997), Bartabas donne un spectacle épuré où cheval et homme s’affrontent et fusionnent tour à tour, dans une ambiance quasi mystique créée par la musique et les chants traditionnels coréens, et le noir et blanc des costumes et des éclairages.
Dans Tryptyk, créé en mars 2000 à Amsterdam, Bartabas convoque sept cavaliers, sept danseurs de kalaripayat (art indien du Kerala) et vingt-trois chevaux. Le théâtre Zingaro relève un pari : se mettre au pas d’une musique qui n’a pas été créée pour le spectacle. Les chevaux doivent ainsi se plier à deux œuvres d’Igor Stravinski, le Sacre du printemps et la Symphonie de psaumes, qui encadrent le Dialogue de l’ombre double de Pierre Boulez.
Loungta, les chevaux de vent, est créé en 2003 à Moscou. Bartabas se tourne vers l’Orient, plus particulièrement vers l’Himalaya et le Tibet — les loungta, littéralement « chevaux (ta) de vent (loung) » sont les fanions rectangulaires de différentes couleurs enfilés sur de longues cordes, considérés comme des porte-bonheur. Le spectacle, qui fait appel à dix moines tibétains interprétant des chants traditionnels, s’inspire des rites funéraires du bouddhisme tibétain ; une trentaine de cavaliers, vêtus d’habits rituels et de masques aux effigies des divinités de la mort, évoluent sur la piste au son des « voix de buffle » (voix très grave, dont le son est tenu tout au long d’une respiration) des moines tibétains.
Rompant avec le ton mystique et épuré de ses précédentes créations, Bartabas retrouve la fougue de ses premiers spectacles avec Battuta, créé en 2006 à Istanbul et présenté à l’ouverture du soixantième Festival d’Avignon. Les 40 chevaux et 16 cavaliers évoluent dans un tourbillon, accomplissant prouesses et acrobaties au galop, emmenés par l’énergie de deux orchestres tziganes.
En rupture avec la tradition du cirque quant à l’organisation du spectacle, en quête d’un mode de vie propre aux circassiens et aux comédiens de tréteaux, le théâtre Zingaro poursuit une expérience artistique basée sur le travail collectif. Les artistes vivent dans des caravanes, près des chevaux.
| 3. | Expériences cinématographiques |
Attiré par le cinéma, Bartabas a transposé sa passion pour les chevaux dans un premier film, Mazeppa (1993), qui relate, de façon plus ou moins imaginaire, la rencontre douloureuse et fascinante du peintre romantique Théodore Géricault avec l’écuyer Franconi (joué par Bartabas). Il a signé également Chamane en 1996, errance d’un homme, échappé d’un camp de travail, et de son cheval à travers les étendues neigeuses de la Sibérie.
| 4. | L’Académie du Spectacle équestre |
En 2003, Bartabas ouvre l’Académie du spectacle équestre au sein de la Grande Écurie du Château de Versailles, à la fois centre de formation et de création. Le centre compte une quinzaine d’écuyers, qui bénéficient d’une formation complète intégrant aussi bien l’escrime, la danse, le kyuto (tir à l’arc équestre japonais) que les techniques équestres. Dans le cadre des Fêtes de nuits du Château de Versailles, il crée en 2004 le Chevalier de Saint Georges, un Africain à la cour, puis, en 2005, les Indes Galantes. En 2006, dans le cadre des Nuits de Fourvières, il crée le Récital Équestre avec le pianiste Alexandre Tharaud, sur une musique de Jean-Sébastien Bach.