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Rêveries du promeneur solitaire [Jean-Jacques Rousseau], œuvre autobiographique de Jean-Jacques Rousseau, publiée à titre posthume en 1782.
Dernière grande œuvre autobiographique, restée inachevée — seules sept des dix « promenades » que comporte ce recueil sont connues dans leur version définitive autographe —, les Rêveries du promeneur solitaire poursuivent « l’examen sévère que j’appelais jadis mes Confessions », écrit Rousseau, mais sur un autre ton, celui de la confidence.
Si le point de départ de ces « rêveries », c’est, selon l’anecdote rapportée par Rousseau lui-même dans la seconde « promenade », l’accident — en réalité une simple chute —, dont il a été victime, c’est, bien plus sûrement, le besoin d’écrire, que ne font qu’aiguiser le délire de persécution de Rousseau et l’isolement dans lequel, avec l’âge, il a fini par se murer, et qui l’incitent à entreprendre la rédaction des Rêveries. C’est donc, comme le dit l’incipit de l’ouvrage, « seul sur la terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que [lui] même », qu’il s’avance vers ses lecteurs, et surtout vers lui-même.
Mais l’origine des Rêveries, c’est aussi son amour pour la nature, qui apparaît comme la seule consolation de sa vie. Abandonnant les tracas liés à la société des hommes, qu’il « aime mieux fuir que haïr », les Rêveries deviennent une méditation sur les bienfaits de la nature, celle des plantes plus que celle des pierres ou des animaux, car « les plantes semblent avoir été semées avec profusion sur la terre comme les étoiles dans le ciel, pour inviter l’homme par l’attrait du plaisir et de la curiosité à l’étude de la nature », écrit-il dans la septième « promenade ». Elles sont aussi l’expression d’une plénitude, liée à la simple conscience d’exister ou éprouvée à vivre l’instant. Au-delà de la seule évocation, Rousseau déploie ainsi pour la dernière fois, dans ces Rêveries, les composants essentiels de sa pensée.