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Casino de Paris, music-hall parisien, situé au 16, rue de Clichy.
Construit vers 1730, successivement salle de bal, parc d’attractions puis « hall de divertissements », l’établissement devient Palace-Théâtre vers 1880. Il est aménagé en deux salles distinctes, le Nouveau-Théâtre, côté rue Blanche, et le Casino de Paris, côté rue de Clichy, qui devient en quelques mois une maison à la mode. Les attractions y dominent jusqu’en 1900, date à laquelle les premières revues font leur apparition (une jeune fille se faisant appeler Miss Tinguette y a fait ses débuts en 1893, (voir Mistinguett).
Fermée en 1914, la salle rouvre trois ans plus tard flambant neuve — elle possède désormais son fameux escalier de lumière. Les vingt-quatre revues qui vont y être créées sous la direction de Léon Volterra consacreront l’établissement comme le plus grand music-hall de Paris : Laisse les tomber (1917) met en vedette Gaby Deslys et Harry Pilcer, Pari-ki-ri (1919) réunit Mistinguett et Maurice Chevalier, Paris qui danse (1919) inaugure le premier numéro de nu de l’histoire du music-hall, tandis que dans Grande Revue, Mistinguett et Max Dearly jouent pour la dernière fois la « valse chaloupée ». En 1923, obéissant à une surenchère de moyens techniques, la revue En douce (qui obtiendra un vrai triomphe) nécessite l’installation sur scène d’une piscine aux parois de verre. Le changement de propriétaire, qui intervient en 1929 n’entame pas le succès de l’établissement : Joséphine Baker y triomphe dans Paris qui remue, de même que Cécile Sorel (Vive Paris, 1933) ou encore Tino Rossi (Parade de France, 1934). Pendant l’Occupation, des spectacles plus modestes assurent la survie de son établissement : Maurice Chevalier, Joséphine Baker, Mistinguett, Édith Piaf, Susy Solidor, Raymond Souplex s’y produisent.
Après la Libération, les revues du Casino obtiennent un succès tel qu’elles dépassent généralement les deux années d’exploitation. Les revues à l’américaine Paris extra-dry (1946) et Exciting Paris (1948) obtiennent un immense succès. Leur succèdent Gay Paris (1951), Sensations de Paris (1954), Plaisirs (1959, menée par Line Renaud), Avec frénésie (de Mick Micheyl), Désirs de Paris (1966), d’un faste jamais vu.
En 1969, le chorégraphe Roland Petit prend la direction du Casino de Paris. Fidèles à la tradition de la maison, ses créations, Revue (1970) et Zizi, je t’aime (1972) avec Zizi Jeanmaire en vedette, rencontrent un public conquis. Lors du départ de Roland Petit (1975), Jean Bauchet tente de sauver le Casino : Paris Line (avec Line Renaud) sera sa dernière grande revue. L’établissement ferme ses portes en 1980. Depuis sa réouverture en 1982, le Casino est devenu une salle à la programmation éclectique.