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Wölfflin, Heinrich (1864-1945), historien de l’art suisse.
Né à Winterthur, Heinrich Wölfflin poursuit sa scolarité en Allemagne après la nomination de son père — professeur de lettres classiques —, à l’université de Munich. Après avoir présenté une thèse de philosophie intitulée Prolegomena zu einer Psychologie der Architektur (1886) et séjourné à Rome à l’Institut allemand (1886-1887), il publie Renaissance et Baroque (1888), ouvrage inspiré des travaux de son ancien professeur Jacob Burckhardt. Wölfflin y propose une méthode de recherche novatrice, fondée sur l’analyse formelle des œuvres d’art : leur comparaison lui permet de définir un style dominant et d’en différencier les lois artistiques. Conjointement à cette approche formelle, il développe peu à peu une théorie du regard, démontrant dans Die klassische Kunst, eine Einführung in die italienische Renaissance (1899) l’importance des facteurs physiologiques et sociaux dans la représentation et la perception d’une œuvre. Professeur à l’université de Bâle (1893), de Berlin (1901), de Munich (1912) puis de Zurich (1924), Wölfflin poursuit ses recherches dans une série d’ouvrages déterminants pour l’évolution de l’histoire de l’art dans les pays de culture germanique : Die Kunst Albrecht Dürers (1905), Principes fondamentaux de l’histoire de l’art (1915) (développement de ses théories de l’alternance dans le temps de deux styles, « classique » et « baroque »), Italien und das deutsche Formgefühl (1931) (étude des caractères nationaux dans l’art), et Réflexions sur l’histoire de l’art (1941).