| Hachette | Format lecture | ||||
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| 2. | Une maison d’édition au service de l’instruction publique |
Le 17 août 1826, Louis Hachette, jeune normalien d’origine modeste, âgé de 26 ans, fait l’acquisition de la librairie Brédif, propriétaire de 600 volumes et située rue Serpente à Paris. Son goût pour la pédagogie le conduit à instaurer des liens privilégiés avec le monde de l’édition et celui de l’instruction publique. Rapidement devenu le premier éditeur de livres scolaires, il bénéficie des retombées de la loi Guizot (1833) sur l’enseignement primaire. Il étend ses activités à la littérature générale à partir de 1850 (publication d’Alphonse de Lamartine, Jules Michelet et Victor Hugo) et s’oriente aussi vers la littérature jeunesse, avec l’entrée au catalogue de la comtesse de Ségur et la création, en 1856, de la « Bibliothèque Rose ». En 1863, il publie le Dictionnaire de la langue française, rédigé par son ami Émile Littré.
Alors que l’instruction se généralise, et que la presse devient une grande industrie, Louis Hachette lance en 1855 le Journal pour tous, premier magazine de distraction grand public, dont la création est étroitement liée au développement des loisirs. La même année, il invente les guides touristiques à bas prix (les « Guides Joanne », qui deviennent les « Guides Bleus » en 1919). Loin de négliger la question cruciale de la distribution, il saisit l’opportunité de l’essor du chemin de fer pour créer en 1852 les premières bibliothèques de gare. Après sa mort, en 1864, ses successeurs mesurent eux aussi l’importance de la commercialisation du livre : dès 1897, ils fondent, pour distribuer leurs ouvrages, les Messageries Hachette — qui prennent le nom, en 1948, des Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP). Ils s’implantent dans le domaine de la diffusion des livres en prenant comme clients la Librairie des Champs-Élysées en 1927, puis les Éditions Fasquelle en 1935.