Nouvelle Revue française, la [N.R.F.]
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Nouvelle Revue française, la [N.R.F.]
4. De Jean Paulhan à Jacques Réda : nouvelles voies et remise en question

À cause de ses accointances collaborationnistes, la revue est interdite de publication à la Libération. Cependant, le prestige de la N.R.F., comme la considération que lui accordent ses lecteurs, lui permettent de sortir à nouveau dès novembre 1951 avec des numéros d’« hommage », consacrés notamment à Alain et à André Gide. Puis, en janvier 1953, sous le nom de Nouvelle N.R.F., dirigée par Jean Paulhan et Marcel Arland, assistés de Dominique Aury, la revue reprend un rythme de parution mensuel, identique à celui d’antan. Il lui faut attendre février 1959 pour retrouver son nom originel.

Jean Paulhan, désireux de finir son ouvrage le Don des langues, laisse Marcel Arland, Dominique Aury ainsi que Jean Grosjean composer le sommaire de la revue et accueillir une toute nouvelle et toute jeune génération d’écrivains et de philosophes (Michel Butor, Roger Nimier, Jacques Réda, Jean-Marie Gustave Le Clézio).

Les années 1970 marquent une époque de remise en question. Marcel Arland lance des numéros thématiques annuels et Georges Lambrichs, qui lui succède en 1977, organise la fusion de la N.R.F. avec les Cahiers du chemin qu’il dirige alors.

À l’arrivée de Jacques Réda en 1987, la N.R.F. n’est plus à son apogée. Malgré la qualité de son directeur et la parution d’un « Carnet » qui emporte l’adhésion des plus fidèles, les ventes ne cessent de décroître, notamment à cause de l’émergence de nouvelles revues plus attrayantes pour les nouvelles générations d’auteurs. Aussi, la continuité de la revue, alors placée sous la direction du romancier et critique Michel Braudeau depuis 1999, apparaît aujourd’hui fragile.