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Brigands, les [Friedrich von Schiller]
1. Présentation

Brigands, les [Friedrich von Schiller], premier drame, en cinq actes, de Friedrich von Schiller, publié à compte d'auteur en 1781, représenté pour la première fois à Mannheim en 1782 sous le titre original Die Räuber.

La pièce obtient lors de sa première représentation, en présence de l'auteur, un succès prodigieux ; Schiller, mis aux arrêts et fermement invité à ne plus composer de pièces subversives, s'enfuit en septembre 1782 afin d'accomplir sa destinée d'écrivain.

2. Frères ennemis

Franz von Moor, être vil et sans scrupules, veut dépouiller Karl, son frère aîné et le brouiller avec leur père par le biais d'une lettre calomnieuse. Karl, le fils prodigue, qui espérait être pardonné, se révolte et devient chef d’une bande de brigands, constituée de camarades d’étude dévoyés, auxquels il est lié par un serment. Plus tard, voulant revoir son père, qui le croit mort, il découvre que Franz l'a, entre autres traîtrises et monstruosités, enfermé dans un cachot. Franz se suicide pour échapper à la vindicte fraternelle. Le comte meurt de douleur en reconnaissant son fils Karl sous les traits d'un brigand. Karl veut quitter la vie de brigand et épouser Amalia, sa fiancée, qui n’a cessé de l’aimer. Mais ses compagnons lui rappellent son serment. Karl tue Amalia, qui l’a supplié de lui donner la mort, et se livre à la justice.

3. Le drame de la révolte

La pièce reflète l'idéalisme passionné d'un Stürmer de vingt-deux ans, en lutte avec l'ordre politique, social, et esthétique. Le combat contre la tyrannie, motivation originelle du brigand au cœur noble, et du dramaturge en butte à l'hostilité du grand-duc de Wurtemberg, est cependant empreint de pessimisme. Fureur de vivre et mélancolie se heurtent en une âme sensible au désaccord entre l'harmonie de la Nature et la « pourriture » d'une société inique, où l'aspiration à la liberté et à la fraternité est ruinée par sa force même.