Châtiments, les [Victor Hugo]
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Châtiments, les [Victor Hugo]
3. « Encrier contre canon »

Sept livres, comme autant de variations sinistres sur le discours officiel de l’usurpateur, jalonnent une marche, celle de l’expiation, qui va de « Nox », chute initiale dans le désastre, à « Lux », épilogue de la rédemption. La satire à la Juvénal réquisitionne tous les moyens (sarcasme, invective, diatribe) pour fustiger la fête obscène conduite dans le camp vainqueur par le « drôle en chef », incessamment mesuré à l’aune de l’autre Napoléon, entouré des pantins de sa cour. La voix du poète prend des accents dantesques pour glorifier les martyrs, et surtout retrouve l’imprécation prophétique pour interroger l’épopée de l’humanité, au travers et au-delà de l’événement. Face au présent de l’action politique impossible, Hugo dresse l’action poétique, convoque le passé comme légende pour mieux approcher l’avenir comme progrès, sans bouger de sa ligne de « clémence implacable ».

Échec en 1853, les Châtiments triomphe à sa réédition en 1870, par l’éditeur Hetzel, au retour d’exil de Hugo.