Horace [Pierre Corneille]
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Horace [Pierre Corneille]
2. La première tragédie régulière de Corneille

Après un silence de près de quatre ans, Pierre Corneille revient au théâtre avec Horace. Cette interruption dans sa carrière s’explique par le désarroi dans lequel l’a plongé la querelle du Cid. C’est un nouveau départ qu’il prend, en rompant avec l’irrégularité et en produisant une pièce tout à fait conforme aux vœux des théoriciens de la régularité. Cette deuxième tragédie, après Médée, développe un sujet qui, se déroulant durant l’Antiquité romaine et mêlant amour et politique, respecte ainsi les normes en vigueur. De plus, la règle du lieu unique clos, « une salle de la maison d’Horace », est adoptée tandis que le déroulement temporel se situe entre un lever et un coucher de soleil. Enfin, les éléments de l’intrigue sont parfaitement liés et forment un tout homogène qui répond à l’unité d’action.

D’une grande simplicité, l’action dramatique débute dans la paix et le bonheur. Les Horaces et les Curiaces, deux familles de deux cités voisines, Rome et Albe, sont unis par des liens étroits : l’un des trois fils de la famille des Horaces a épousé Sabine, une Curiace, tandis qu’un des trois fils de la famille des Curiaces est fiancé à Camille, une Horace. Pour enrichir ce schéma, s’ajoute un rival, Valère, amoureux de Camille. Mais cette harmonie est bientôt rompue : les deux cités entrent en guerre et il est décidé que le différend sera réglé par un combat entre les trois Horaces et les trois Curiaces. Après la mort de deux de ses frères, Horace l’emporte, étant ainsi le seul des six champions à survivre. Accablé de reproches par sa sœur Camille, qui se livre à de violentes imprécations contre Rome, il la tue. Jugé pour meurtre, il est finalement acquitté, après un vibrant plaidoyer de son père et malgré le réquisitoire de Valère.