| 3.
|
 |
La solution artistique |
Métamorphose d’une aventure personnelle, les Souffrances du jeune Werther délivre Goethe de ses angoisses morbides, l’appelant à une écriture moins sombre : il faut surmonter les tentations ambiantes du Sturm und Drang, comme il s’emploiera à le démontrer par exemple dans ses Faust (voir Faust I ; Faust II). Proposant une confidence, mais aussi un tableau assez inédit de la bourgeoisie allemande, il fait œuvre de sociologue comme d’analyste virtuose du cœur humain, particulièrement des élans dangereux connus par la jeunesse. La technique choisie du roman par lettres lui facilite la tâche, favorisant le développement de longs monologues intérieurs. Goethe parfait ainsi la tradition inaugurée par des maîtres tels que Rousseau, lui imprimant une marque où certains critiques ont même vu une mise à distance sinon ironique, du moins ludique : le jeune écrivain expérimente ses pouvoirs sur lui-même, et sur la littérature, dont il prend acte et qu’il invente, allant plus loin dans sa revendication créatrice que ses prédécesseurs peut-être, que son héros à coup sûr.
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.