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Christensen, Benjamin (1879-1959), réalisateur et comédien danois.
Né à Viborg, Benjamin Christensen est une figure originale de l’époque du cinéma muet. Il exerce d’abord les métiers de médecin et de chanteur d’opéra, se produisant notamment dans le Don Giovanni de Mozart en 1902. Il devient ensuite acteur de théâtre avant de se consacrer au cinéma. Le Danemark produit alors des films policiers dans un style français, très populaire à cette époque. Christensen réalise l’X mystérieux (Det hemmelighedstade, 1913) et Nuit vengeresse (Haevnens, 1915), dont il est aussi l’interprète et qui annonce son œuvre à venir, placée sous le signe du fantastique.
C’est en Suède qu’il réalise son film le plus célèbre, la Sorcellerie à travers les âges (Häxan, 1921), une œuvre atypique, entre fiction et documentaire, consacrée aux rites démoniaques, où il incarne lui-même Satan. Cette « chronique de l’occulte » possède une force visuelle saisissante qui évoque Goya, Bosch et Dürer. Par-delà son étonnante beauté plastique, ce film s’attache à dénoncer l’intolérance et à analyser les relations qui s’établissent entre démonisme et sexualité.
En 1923, Christensen part pour Berlin. Il y dirige trois longs métrages : Unter Juden (1923) ; la Femme, cette inconnue (Seine Frau die Unbekannte, 1923) ; Die Frau mit dem schlechten Ruf (1925), et incarne sous la direction de son compatriote Carl Dreyer le rôle d’un peintre amoureux de son modèle masculin dans Mikael (1924).
Il émigre ensuite à Hollywood où il réalise des thrillers « gothiques », poursuivant ainsi son travail sur le matériau fantasmagorique : le Cirque du Diable (Devil’s Circus, 1926) ; l’Idiot (Mockery, 1927), dans lequel il dirige Lon Chaney ; la Maison de la terreur (House of Horror, 1928) et Seven Footprints to Satan (1929). À la même époque, il collabore à l’Île mystérieuse (Mysterious Island, 1928) d’après Jules Verne. Seul le scénariste Lucien Hubbard signera ce film dont Christensen achève la réalisation, succédant à Maurice Tourneur et Clarence Brown.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il revient au Danemark où il réalise des mélodrames : Enfants du divorce (Skilsmisens born, 1939) ; l’Enfant (Barnet, 1940) ; Rentre avec moi (Gaa med mig Hjem, 1941) et un film policier, la Femme aux gants clairs (Damen medde Lyse handoker, 1942). L’échec de ces derniers films le contraint à abandonner la réalisation cinématographique. De 1942 à 1959, il est directeur de salles de cinéma.