| Format recherche | Tigre du Bengale et le Tombeau hindou, le [Fritz Lang] | Format lecture |
Tigre du Bengale et le Tombeau hindou, le [Fritz Lang] (Der Tiger von Eschnapur, Das Indische Grabmal), film allemand en deux parties et en couleurs de Fritz Lang, réalisé en 1959.
L’architecte Harald Berger (Paul Hubschmid) se rend à Eschnapur, en Inde, afin d’y construire un hôpital. En chemin, il arrache des griffes d’un tigre la danseuse sacrée Seetha (Debra Paget). Il ignore que Chandra (Walther Reyer), le maharaja d’Eschnapur, désire épouser la jeune femme, malgré l’opposition du chef des prêtres (Valery Inkijinov) et de Padhu (Jochen Brockmann), le frère de son ancienne femme défunte. Le prince Ramigani (René Deltgen), son propre frère, souhaite en revanche que ce mariage se fasse afin de susciter dans le pays une révolte qui lui permette de prendre le pouvoir. Chandra ne se rend pas tout de suite compte que Berger et Seetha sont amoureux l’un de l’autre. Il dirige son royaume avec autorité, n’admet pas de conseils et enferme les lépreux dans des souterrains. Quand il découvre que l’architecte est son rival, il l’oblige à combattre un tigre et le bannit ensuite. Mais Berger s’enfuit avec Seetha. Le beau-frère et la sœur de Berger (Claus Holm et Sabine Bethmann) arrivent à Eschnapur. Chandra leur demande de construire un tombeau pour enterrer Seetha vivante. Les hommes de Ramigani capturent alors la danseuse ainsi que Berger. L’architecte est enfermé dans les souterrains et Seetha doit danser devant un cobra pour avoir l’absolution des prêtres. Chandra ayant tué le reptile qui menaçait la danseuse, les prêtres en colère s’allient à Padhu et Ramigani pour le destituer. Tandis que la rébellion est matée par l’armée, Berger s’évade et retrouve Seetha. Le maharaja renonce à se venger d’eux. Il abandonne le pouvoir pour servir un ermite dans le désert. Seetha et Berger quittent ensemble Eschnapur.
C’est le producteur Arthur Brauner qui a demandé à Fritz Lang de réaliser ce film, le plus coûteux produit en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale. Après vingt-cinq ans d’exil à Hollywood, Lang revient donc tourner dans sa patrie. Ce projet lui tient à cœur puisqu’il en a écrit le scénario avec son épouse Thea von Harbou longtemps auparavant. Une première version, muette, en avait été réalisée par Joe May en 1921, suivie en 1937 d’une version parlante en deux épisodes signée par Richard Eichberg.
Lang poursuit dans ce film l’exploration de ses thèmes de prédilection : l’amour plus fort que la mort, la volonté de puissance et le désir de vengeance. C’est pour lui, formellement, un retour au romantisme et au cinéma populaire. Le style y est épuré ; l’utilisation de décors très élaborés (palais, souterrains, villages, jungle) et le contraste des couleurs sont au service d’un sujet qui peut se résumer au conflit de deux civilisations. Des flambées de violence succèdent aux scènes d’amour fou. La beauté du film, ses décors étonnants et sa mise en scène flamboyante ont fait date dans le cinéma allemand.