Format recherche Trois Lumières, les [Fritz Lang]

Pour rechercher un mot ou une expression dans cet article, sélectionnez dans votre navigateur Internet l'option qui vous permet de faire des recherches dans une page. Dans Internet Explorer, cette option se trouve sous le menu Edition.

Étant donné que la recherche s'effectue exactement sur le mot ou l'expression que vous avez tapés, essayez, si la recherche n'aboutit pas, de vérifier l'orthographe du mot tapé ou de trouver un autre mot clé pour le sujet concerné.

Trois Lumières, les [Fritz Lang]

Trois Lumières, les [Fritz Lang] (Der müde Tod), film muet allemand en noir et blanc de Fritz Lang réalisé en 1921.

Au début du XIXe siècle, un jeune couple (Lil Dagover et Walter Fanssen) arrive dans une petite ville allemande, où un voyageur mystérieux et inquiétant (Bernhard Goetzke) va bâtir un haut mur sans porte ni fenêtre. Lorsque le jeune homme meurt, la jeune fille découvre que cet être étrange est la Mort et que la muraille qu’il a construite entoure l’au-delà. Elle va le supplier de redonner la vie à son bien-aimé. La Mort lui montre alors trois cierges qui se consument et lui explique qu’ils figurent les vies de trois personnes condamnées à périr. La première flamme représente un explorateur européen qui est amoureux d’une femme en Arabie. La deuxième un jeune Vénitien. La troisième un apprenti magicien en Orient. Après avoir assisté à l’agonie de ces trois hommes, la jeune fille entend la Mort lui proposer un marché. Si elle trouve une vie à échanger contre celle de son amoureux, ce dernier pourra ressusciter. Elle cherche alors quelqu’un qui consente à mourir, mais ne trouve personne. Puis elle sauve un bébé dans un incendie. La Mort lui apparaît aussitôt pour prendre la vie de ce nourrisson contre celle de son bien-aimé. La jeune fille refuse la transaction et préfère donner sa propre vie.

Le titre original de ce film majeur signifie « la Mort lasse ». Le comédien Bernard Goetzke fait d’ailleurs de l’incarnation de la Mort un personnage émouvant, malheureux et tragique. Ce qui donne à cette œuvre une coloration plus sentimentale que dans la plupart des autres films de Lang, c’est sans doute que le thème de la fatalité rejoint l’inspiration romantique, puisque le cinéaste y affirme que l’amour est plus fort que la mort. Ce beau conte fantastique dans l’esprit d’Andersen et d’Hoffmann évoque aussi les rapports des puissants et des faibles. Chacun des épisodes insérés dans l’histoire principale montre la terrible victoire des tyrans sur les humbles.

L’importance historique des Trois Lumières vient également de sa mise en scène. Le style de Fritz Lang en fait alors un des cinéastes les plus importants. La reconstitution d’une Venise de débauche sous la Renaissance, l’invention d’un Orient onirique, les jeux de lumière, l’architecture des décors, les truquages et le rythme général insufflé à l’ensemble sont, pour l’époque, d’une grande nouveauté.

Pourtant, le film a été méprisé en Allemagne lors de sa sortie et ce n’est qu’après son succès en France qu’il a trouvé un public enthousiaste dans le monde entier. Au point que quatre ans plus tard, à Hollywood, Douglas Fairbanks et Raoul Walsh s’en sont inspirés beaucoup pour le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad, 1924).