néoréalisme (cinéma)
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néoréalisme (cinéma)
3. Manifestes et principes du néoréalisme
1. La rupture avec le cinéma de propagande

Au moment de l’apparition du néoréalisme, le cinéma italien se limite à des comédies non réalistes, des mélodrames grandiloquents et des films de propagande fasciste. La censure règne alors et le cinéma véhicule une image de l’Italie qui correspond avant tout aux volontés du pouvoir, celle d’un pays modèle, uniquement peuplé de gens heureux et en bonne santé. C’est en réaction à ce dogme que le néoréalisme entend quitter le domaine de l’illusion et établir un lien profond avec le monde réel.

2. Trois œuvres-clés

Il semble que le qualificatif « néoréaliste » soit été employé pour la première fois par le monteur Mario Serandrei à propos des Amants diaboliques (Ossessione, 1942) de Luchino Visconti ; le film est en effet tourné en décors réels avec un souci de réalisme, tant formel que psychologique, très éloigné des productions italiennes de l’époque, en particulier des mélodrames en costumes et des comédies bourgeoises surnommées « téléphones blancs » à cause de l’immanquable présence de cet accessoire, synonyme de luxe.

Parallèlement, Vittorio De Sica tourne Les enfants nous regardent (I bambini ci guardano, 1942), qui témoigne du même esprit.

Mais l’école italienne dite « de la Libération », ainsi baptisée par des critiques français, n’émerge véritablement que trois ans plus tard avec Rome, ville ouverte (Roma, città aperta, 1945) de Roberto Rossellini, film tourné en grande partie dans les rues de Rome durant les derniers jours de l’occupation allemande, avec de la pellicule de récupération. Aux côtés des vedettes Anna Magnani et Aldo Fabrizi, Roberto Rossellini emploie des acteurs non professionnels et fait de Rome, ville ouverte le véritable film-manifeste du néoréalisme par sa manière d’imbriquer indissociablement réalité et fiction — les événements historiques servent de toile de fond —, tant dans le choix du sujet et dans le style de mise en scène que dans le processus de fabrication du film, réalisé en décors naturels avec des moyens de fortune.

3. Un souci d’objectivité et de vérité

Bien qu’il se fonde sur des principes précis, le néoréalisme n’est pas pour autant un mouvement dogmatique, ce qui permet à des personnalités très diverses d’y apporter leur contribution durant l’après-guerre. Malgré les différences de style et d’inspiration de chaque cinéaste, on distingue néanmoins une « plate-forme » commune à ces auteurs : tournage en extérieur, choix de comédiens non professionnels, sujets de tendance « progressiste » et désir de montrer objectivement la situation politique et sociale du pays dans une période de grands bouleversements.

Si par la suite les réalisateurs du néoréalisme se sont tous peu à peu détachés de la « charte » formelle et politique mise en application en 1942, ils n’en ont pas moins continué à incarner une éthique néoréaliste du cinéma, que Roberto Rossellini définit comme suit : « le néoréalisme consiste à suivre un être dans toutes ses découvertes, dans toutes ses impressions ».