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Rideau cramoisi, le [Alexandre Astruc]

Rideau cramoisi, le [Alexandre Astruc], film français en noir et blanc d’Alexandre Astruc, réalisé en 1952.

Vers 1814, dans une petite ville de province, un bel officier (Jean-Claude Pascal) est logé chez un couple de bourgeois, parents d’une jeune fille d’à peine dix-huit ans (Anouk Aimée). La mystérieuse beauté de cette jeune fille trouble le soldat. Au cours d'un repas, elle lui prend la main en cachette. Puis, un soir, elle traverse la chambre de ses parents endormis pour le rejoindre et se donner à lui. Toutes les deux nuits, elle rejoint ainsi l'officier, sans lui parler, sans rien lui demander d'autre que plaisir et tendresse. Une nuit, elle meurt dans ses bras. Le bel officier ne sait que faire du cadavre et s'enfuit en laissant le soin à un de ses amis de régler la question avec les parents.

Tiré d'une nouvelle de Barbey d'Aurevilly, ce moyen métrage a donné à Alexandre Astruc, l'inventeur de la caméra-stylo, la réputation d’un grand précurseur de la Nouvelle Vague.

Conçu sur une voix off mêlée à la musique de Jean-Jacques Grünenwald et à une remarquable bande-son, le Rideau cramoisi bénéficie d’images superbement éclairées par Eugene Schuftan (également connu sous le nom d’Eugen Schüfftan avant sa naturalisation américaine en 1947) et montées par Jean Mitry et Alexandre Astruc. Le style indirect et rigoureux du récit en écarte la part mélodramatique pour toucher aux rives de la tragédie, et dispense un curieux onirisme qui évoque autant Edgar Poe que Barbey d'Aurevilly.