| polonais, cinéma | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 3. | Un cinéma réaliste et populiste |
La crise de 1929 et l’arrivée du parlant diminuent le nombre des studios et simultanément le nombre de films produits, qui tombe à dix par an. Ce sont surtout des mélodrames comme la Morale de Madame Dulska (Moralnośź pani Dulskiej, 1930), de Boleslaw Newolin et des comédies comme Tout le monde peut tomber amoureux (Kaźdemu wolno kochać, 1933), de Mieczysaw Krawicz et Janusz Warnecki, mais aussi des films historiques parmi lesquels se distinguent surtout les Dix de la prison Pawiak (Dziesięciu z Pawiaka, 1931), de Richard Ordyński, et les Champs sauvages (Dzikie pola, 1932), de Józef Lejtes. Ce dernier réalise en 1934 un film marquant, primé l’année suivante au festival de Moscou, le Jeune Bois (Młody las), sur la grève des lycéens de Varsovie en lutte contre la russification de l’enseignement.
En 1932, Aleksander Ford réalise dans un style qui préfigure le néoréalisme italien la Légion de la rue (Legion ulicy), drame social sur un jeune vendeur de journaux, qui connaît un grand retentissement. La même année, Europe (Europa, 1932) de Franciszka et Stefan Themerson, une œuvre militante contre la montée du fascisme et les menaces de guerre grandissantes, s’inscrit dans la même mouvance sociale.
Dans une autre veine, plus populiste, il faut citer les Filles du quartier de Nowolipki (Dziewczęta z Nowolipek, 1937) et la Frontière (Granica, 1938), de Józef Lejtes. Eugeniusz Cękalski et Karol Szołowski, de leur côté, dépeignent de façon réaliste l’univers des cabarets dans les Angoisses (Strachy, 1938) après avoir été primés au festival de Venise pour Trois études cinématographiques (Trzy etiudy filmowe, 1937), un film expérimental fondé sur la musique de Chopin. Quant à Aleksander Ford, il se rend en Palestine pour réaliser un documentaire sur les pionniers juifs, (Sabra Chalutzim, 1935) et, de retour en Pologne, signe un documentaire-fiction sur les enfants juifs de Pologne, la Voie des jeunes (Draga mołodych, 1936), qui est interdit par la censure. Il s’associe ensuite avec Jerzy Zarsycki pour les Gens de la Vistule (Ludzie Wisy, 1938), un film réaliste-lyrique sur la vie des bateliers. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la Pologne connaît donc une activité cinématographique intense et, lorsque la guerre éclate, la production annuelle approche les trente longs métrages.