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| 3. | Un art populaire américain |
Cependant, c'est aux États-Unis que le serial va se développer le plus largement et prospérer jusqu'à ce que la concurrence de la télévision le fasse peu à peu disparaître des écrans, au milieu des années cinquante. What Happened to Mary, en douze épisodes produits par Edison en 1913, puis The Adventures of Kathlyn (1914) de F. J. Grandon, sont les premiers avatars du serial américain. Mais le grand succès initial est la série interprétée par Pearl White (1889-1938) et réalisée par Louis Gasnier (1963-1975), les Exploits d'Elaine (The Perils of Pauline, 1914), suivie par les Mystères de New York (The Romance of Elaine, 1915). La concurrence s'installe aussitôt et les producteurs rivalisent d'imagination (souvent délirante) pour captiver un public amusé, effrayé et ravi.
En 1917, lors de l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, les serials américains contribuent à l'effort de guerre, et leurs héros défendent la patrie. Par la suite, l’industrie américaine produit plus de deux cent cinquante serials muets jusqu'à l'arrivée du parlant. Ils assurent la fidélité des spectateurs qui reviennent chaque semaine dans leur salle de cinéma pour connaître la suite des épisodes précédents. Avec le feuilleton radiophonique, les Pulp Magazines et les bandes dessinées, le serial devient l’un des loisirs favoris du peuple américain. On transpose en serial les aventures des héros populaires, et l’on engage des célébrités du moment, comme l'illusionniste Harry Houdini, pour être le héros de ces histoires. Quelques futurs réalisateurs d'importance, comme Richard Thorpe et Charles Brabin y font leurs classes, de même que des comédiens comme Boris Karloff (sous son véritable nom, William Pratt).