| Frankenstein ou le Prométhée moderne [Mary Shelley] | Format lecture | ||||
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| 4. | Le fondement de l’éthique |
Frankenstein est l’œuvre d’un auteur durement frappé par la mort de ses proches : ses enfants qu’elle rêve de réanimer, puis son époux en 1822. Les expériences de réanimation par l’électricité de la matière inanimée, menées par Erasmus Darwin et par Galvani, ont pu par ailleurs la séduire au point d’influencer l’intrigue du roman. Mais le Prométhée de Mary Shelley subit le joug de la tyrannie divine, il transgresse les frontières de la vie et de la mort et reçoit, comme Satan, un châtiment. Frankenstein n’est pas seulement l’ancêtre de la science-fiction, il est le fondement romanesque d’une éthique. Cet avertissement lancé à une science omnipotente s’accompagne d’une réflexion politique, inspirée des textes de Godwin et de Rousseau. Le monstre renvoie à la société sa propre image : l’exclusion préside au contrat social.
Ce jeu de miroirs s’est traduit au fil des adaptations cinématographiques par un glissement du nom de Frankenstein du créateur à la créature. Le monstre a pris d’abord les traits de Boris Karloff (voir Frankenstein). Puis, dans les films de la compagnie britannique Hammer Films, l’accent est mis sur Victor, métamorphosé en savant fou. Seules les adaptations cinématographiques récentes, comme celle de Kenneth Branagh, opèrent un retour à la lettre du roman.