Format recherche Nourritures terrestres, les [André Gide]

Pour rechercher un mot ou une expression dans cet article, sélectionnez dans votre navigateur Internet l'option qui vous permet de faire des recherches dans une page. Dans Internet Explorer, cette option se trouve sous le menu Edition.

Étant donné que la recherche s'effectue exactement sur le mot ou l'expression que vous avez tapés, essayez, si la recherche n'aboutit pas, de vérifier l'orthographe du mot tapé ou de trouver un autre mot clé pour le sujet concerné.

Nourritures terrestres, les [André Gide]
1. Présentation

Nourritures terrestres, les [André Gide], ouvrage d’André Gide, publié en 1897.

2. Le problème du genre

Le genre des Nourritures terrestres est difficile à saisir. Par son contenu esthétique et surtout moral, l’ouvrage peut s’apparenter à un essai, fondé sur une expérience personnelle de l’auteur. L’ensemble est composé d’une courte introduction, de huit livres, d’un « hymne » et d’un envoi. Le texte est pour l’essentiel en prose, mais intègre des aphorismes et des poèmes. C’est à la fois un journal, un recueil de notes de voyage, un art poétique et un traité de morale. L’unité vient surtout de la philosophie exprimée par l’auteur ; le livre a ainsi pu être comparé aux manuels de sagesse orientaux.

3. « Assumer le plus possible d’humanité »

Écrit au retour d’un séjour libérateur en Afrique et à la suite d’une grave maladie, les Nourritures terrestres est avant tout une exaltation de la vie, une exhortation à vivre et un chant de la liberté retrouvée. Gide y prône l’abandon de l’individu à ses sensations, ses goûts et désirs, rejetant toute morale restrictive. Cette entreprise de libération impose le primat du subjectif sur l’objectif : « que l’importance soit dans ton regard et non dans la chose regardée ». Mais Gide refuse de limiter son œuvre à une simple exaltation des désirs et instincts. Il y voit plutôt une « apologie du dénuement », enseignant à travers l’abandon de soi une morale plus rigoureuse fondée sur le don total de soi et l’effort personnel : « que mon livre t’enseigne à t’intéresser plus à toi qu’à lui-même, puis à tout le reste plus qu’à toi. »

4. Un nouvel évangile

Par son style, inspiré du langage et des métaphores bibliques, le texte propose une vision originale de la religion : il ne la fonde pas sur les notions de péché et de salut, mais sur le bonheur qui doit en être l’enjeu. Les Nourritures est une œuvre didactique : le narrateur (le maître, Gide lui-même) transmet sa doctrine à son jeune disciple Nathanaël (ou « don de Dieu », le Fils prodigue que Gide n’a pas été). Mais le disciple ainsi formé doit ensuite s’affranchir. C’est ce que propose le célèbre envoi final : « À présent, jette mon livre. Émancipe-t’en. Quitte-moi. » La richesse personnelle de l’individu devient une valeur suprême.

Gide exercera ainsi une forte influence sur toute une génération de jeunes gens et d’écrivains. En 1935, les Nouvelles Nourritures, « celles » d’un homme aux abords de la vieillesse, présentent une dimension nouvelle par rapport aux précédentes : l’ironie.