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Poésie et liberté |
La préface revendique les privilèges de la liberté dans l’art et joue de la provocation en qualifiant l’ouvrage de « livre inutile de pure poésie ». Hugo semble en effet user de tous ses moyens de virtuose comme dans les célèbres « Djinns », poème conçu comme un crescendo et un decrescendo ; l’Orient est ainsi prétexte aux jeux de l’imaginaire, à l’inventivité verbale et à la diversité rythmique qui, plus encore que dans les Odes et les Ballades, manifeste la rupture avec les formes classiques. Cette fantaisie débridée et affichée ne doit pas cacher la double célébration qui domine le recueil : celle de la liberté grecque et celle de Napoléon. Le jeune Hugo s’éloigne ainsi du royalisme conservateur qui nourrissait ses premiers poèmes. La liberté dans l’art est indissociable d’une liberté de l’art revendiquée ici à travers la multiplicité des sujets (depuis l’histoire jusqu’à la fable), l’exaltation de la passion, l’imagination morbide… La préface le proclamait : en poésie, tout a droit de cité.
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