dandysme
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3. Le dandysme et la littérature

Le personnage du dandy occupe une place prépondérante dans les œuvres littéraires françaises du xixe siècle, comme en attestent certains personnages de la Comédie humaine d’Honoré de Balzac — de Marsay, Rastignac ou Charles Grandet. Les écrivains eux-mêmes apportent du soin à leur aspect physique et à leur mise : Stendhal, Eugène Sue, Balzac (auteur d’un Traité de la vie élégante) et Charles Baudelaire se montrent particulièrement élégants.

Au milieu du xixe siècle, Baudelaire (dans le Peintre de la vie moderne), Villiers de l’Isle-Adam, puis Barbey d’Aurevilly (avec Du dandysme et de George Brummel) réhabilitent l’idée du dandysme, comme seule possibilité de l’élégant, pour en faire un mouvement ayant surtout des attributs spiritualistes et éthiques ; éthique que Barbey d’Aurevilly résume en ces termes : « J’ai parfois, dans ma vie, été bien malheureux, mais je n’ai jamais quitté mes gants blancs. »

De la fin du xixe siècle jusqu’à la Belle Époque, le dandysme prend un tour paroxystique avec le « décadentisme », dont une des figures emblématiques demeure le comte Robert de Montesquiou. Les personnages de Huysmans (Des Esseintes dans À rebours), de Proust (le baron de Charlus dans À la recherche du temps perdu) ou encore de Jean Lorrain (le duc de Fréneuse dans Monsieur de Phocas) en sont partiellement mais incontestablement inspirés. À l’opposé du dandy, le décadent se laisse porter par ses faiblesses, use de ses talents qu’il se plaît à mettre en scène dans les plus infimes détails, jusqu’à l’outrance. Excès d’esthétisme, complaisance dans la morbidité, fascination pour le mortifère et le funèbre, cette déviation du dandysme a des effluves capiteux de tubéreuses et d’orchidées. Le décadentisme se manifeste également à l’étranger sous la plume d’Oscar Wilde, notamment dans le Portrait de Dorian Gray.