new wave
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2. Naissance de la new wave et apparition de mouvements dérivés

La new wave (littérallement « nouvelle vague ») se situe dans la lignée du mouvement punk apparu en 1977 ; elle constitue toutefois une réaction contre cette musique et cette attitude, essentiellement articulées autour d'une révolte, à la fois artistique et culturelle, visant à déstabiliser l'ordre établi. La new wave a ainsi évolué, en quelques années seulement, de 1978 à 1983 environ (l’apparition des Smiths sur la scène musicale internationale — leur premier album date de 1984 — marque en effet une rupture et un tournant vers une musique à tendance plus « pop »), du post-punk (pratiqué par Joy Division, Siouxsie and the Banshees ou les Stranglers) vers une musique électronique, mélancolique et parfois dansante ; cette dernière étant défendue par des groupes tels que New Order, Orchestral Manœuvres in the Dark, The Human League, Soft Cell ou encore Depeche Mode, futur « dinosaure » de ce qui est alors devenu l’industrie du rock, transformation inéluctable du « marché » du disque contre laquelle luttait précisément le mouvement punk.

Cependant, entre Joy division et Human League s’intercalent de nombreux groupes et artistes. Ceux-ci, pour la plupart influencés par David Bowie — notamment son album Low paru en 1977 —, The Velvet Underground ou encore Roxy Music, forment autant de « sous-mouvements » et de ramifications de la new wave. Elvis Costello et Joe Jackson figurent parmi les premiers dont la musique est estampillée new wave. De la même façon, les formations américaines Television ou les Talking Heads, dont l’approche est souvent décriée pour leur « intellectualisme » très éloigné des discours parfois sommaires des punks, apparaissent-elles comme une alternative au son saturé et aux trois accords de guitare répétés en boucle par les Sex Pistols et autres Damned. Plus radicale, la cold wave (ou « vague froide ») propose des orchestrations souvent minimalistes où les rythmiques (basse et batterie) omniprésentes et obsessionnelles et les chants incantatoires concourent à créer des climats oniriques et introspectifs censés refléter un « romantisme » exacerbé ; The Sisters of Mercy, Bauhaus ou The Cure à leurs débuts (notamment leur trilogie de 1980 à 1982) appartiennent à ce courant. The Cure se situe par ailleurs à la croisée de différents styles : c’est ainsi qu’à partir de 1984, leur chanteur Robert Smith — véritable figure de proue de la new wave britannique — s’oriente délibérément vers une musique plus accessible. Il inaugure par ce fait un parcours identique à celui d’autres groupes dits new wave, également devenus très célèbres au milieu des années 1980, à savoir U2, Simple Minds ou Echo and the Bunnymen.

Née en Grande-Bretagne, la new wave traverse rapidement la Manche pour atteindre la France (Marquis de Sade puis Marc Seberg, Taxi Girl, Kas Product ou Alain Bashung lorsqu’il a notamment collaboré avec des membres du groupe Wire, l’un des représentants britanniques du post-punk le plus abouti dans sa volonté de concilier une démarche artistique exigeante et réfléchie avec l’esprit d’indépendance manifesté par le mouvement punk), la Belgique (Poésie Noire), les Pays-Bas (Clan of Xymox, Siglo XX), l’Italie (Litfiba) et le reste de l’Europe.