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Le roi s'amuse [Victor Hugo]
1. Présentation

Le roi s'amuse [Victor Hugo], drame en cinq actes et en vers de Victor Hugo, représenté en 1832 à Paris, interdit le soir de la première représentation.

2. Le destin du bouffon

Triboulet, bouffon difforme de François Ier, est haï des courtisans pour la violence de ses moqueries. Mais le monstre a un sentiment humain, l'amour pour sa fille Blanche qu'il tient cachée. La jeune fille reçoit en secret celui qu'elle prend pour un étudiant, en réalité le roi déguisé. Les courtisans enlèvent Blanche, qu'ils croient la maîtresse de Triboulet, et l'emmènent à la cour, où François Ier la séduit. Triboulet achète un tueur à gages pour se venger du roi ; mais Blanche déjoue l'attentat en se faisant tuer à sa place. Récupérant le sac qui doit contenir le corps de sa victime, Triboulet découvre avec horreur qu'il a tué son enfant.

3. Une liberté expressive

La première représentation est une déroute ; le lendemain, la pièce est interdite, les mœurs y étant « outragées », et la figure du roi de France offensée. Hugo se défend lors d'un procès mémorable intenté au théâtre, où il accuse la censure dans un virulent plaidoyer pour la liberté d'expression.

Depuis, la pièce n'a jamais connu un grand succès. Elle recèle pourtant des beautés : les saillies spirituelles de Triboulet contre les courtisans, l'expression émouvante de son amour paternel, le contraste entre les fastes de la cour et la masure sordide du tueur à gages, la scène horrifique du meurtre dans l'auberge, l'orage au dénouement.

La pièce est adaptée à l'opéra de Venise par Verdi sous le titre Rigoletto, en 1851, pour échapper à la censure, le titre et les noms sont modifiés : François Ier devient le duc de Mantoue, Triboulet, Rigoletto et Blanche devient Gilda ; l'œuvre connaît un succès mondial qui ne s'est jamais démenti.